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Languedoc

Marché très tendu en IGP Oc bio

Mardi 11 décembre 2018 par Michèle Trévoux
Article mis à jour le 14/12/2018 12:13:03

Le caveau d'Héraclès, cave coopérative incontournable du marché des vins bio vrac.Le caveau d'Héraclès, cave coopérative incontournable du marché des vins bio vrac. - crédit photo : Michèle Trévoux
Le 13 décembre, l'IGP Oc a tenu son assemblée générale annuelle à La Grande-Motte. Focus marché sur un segment en plein évolution : l'IGP Oc bio.

Avec une récolte à nouveau déficitaire cette année, le marché de l’IGP Oc bio est très tendu. Les cours progressent à nouveau de plus de 10%. Les metteurs en marché redoutent que les consommateurs renâclent.

« Tous nos volumes en IGP Oc bio étaient réservés avant la récolte. Et 10% d’entre deux ont déjà été enlevés. On s’attend à de très grosses sorties en décembre ». Guillaume Guenin, directeur de la cave coopérative de Souvignargues dans le Gard décrit en quelques mots la situation très tendue sur le marché de l’IGP OC bio. Cette coopérative, qui produit 40 000 hl par an, a vu fondre sa récolte en bio de 30 à 40% suite à la virulence des attaques de mildiou au printemps.

"Nous sommes obligés de rationner nos clients"

A la cave des Vignerons d’Héraclès à Vergèze, premier producteur français de vins bio, Jean-Fred Coste souhaiterait lui aussi avoir plus de vin dans son chai. « La demande est très forte. Nous sommes obligés de rationner nos clients. Nous produisons 64 0000 hl cette année dont les ¾ en bio. Si nous en avions produit le double, nous les aurions vendus ».

Côté négoce, c’est l’inquiétude. « Avec cette deuxième année consécutive de récolte déficitaire, le marché devient très compliqué. La demande progresse de 20 à 25%. Nous n’avons pas les volumes pour alimenter cette croissance. Les prix avaient déjà progressé de 13% sur la dernière campagne. Ils sont à nouveau à la hausse cette année. Le consommateur va-t-il l’accepter ? Rien n’est moins sûr. Nous risquons un retournement du marché », craint Jacques Frelin, patron de Jacques Frelin Vignobles, négoce spécialisée dans les vins bio.

Une hausse de 10 à 15 % des prix

Sur les 4 premiers mois de la campagne, les prix progressent de 10 à 15% par rapport à l’an dernier. Une moyenne qui cache de situations très opposées. « 70 à 80% des volumes en bio sont achetés dans le cadre de partenariat à des prix négociés en amont pour éviter de forts à-coups. Mais sur le reste des volumes, des opérateurs, qui ne sont pas des acteurs historiques sur le bio, offrent des prix très élevés qui déstabilisent le marché », indique Thomas Verdeil, acheteur pour les Domaines Auriol, soulignant l’effet néfaste des achats sur le marché libre à des prix astronomiques.

Pour pallier à la rareté de l’offre, ces deux maisons de négoce achètent les vins en deuxième et troisième année de conversion à un prix entre 80 et 90 % de celui des vins bio. Ces vins pourront arborer le logo CAB (Conversion à l’Agriculture Biologique). La pénurie de produit pourrait aider à convaincre la grande distribution de jouer également la carte de ce nouveau macaron.

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