LE FIL

Jusqu’à 1,25 SMIC

Les vignerons du Gard tout feu tout flamme pour l’exonération des saisonniers

Mardi 27 novembre 2018 par Alexandre Abellan

« Charges sociales, carburants, campagnes anti-vin, répression... Le gouvernement sème l'injustice ! Il doit récolter la colère » clame le SVG.« Charges sociales, carburants, campagnes anti-vin, répression... Le gouvernement sème l'injustice ! Il doit récolter la colère » clame le SVG. - crédit photo : SVG
Éclatant dans une matinale manifestation à Nîmes, l’impérative nécessité de maintenir l’aide à l’emploi saisonnier témoigne de l’extrême fragilité économique de certains domaines.

Dans le vignoble, la suppression en 2019 du dispositif d’exonération Travailleur Occasionnel Demandeurs d’Emploi (TO-DE) ne passe pas. « On ne lâche rien » scandent 100 à 150 viticulteurs et arboriculteurs gardois, sous les vrombissements d’une quinzaine de tracteurs et la fumée noire de quelques branches et pneus brûlés pour se réchauffer devant la préfecture de Nîmes, ce 26 novembre au petit matin. Montée dans l’urgence, cette manifestation s’est soldée par une rencontre du préfet et des députés, qui ont reçu un message clair : « nous demandons une exonération pérenne à 1,25 SMIC de la main-d’œuvre saisonnière. Ce que l’on veut, c’est retrouver le même système que le TO/DE, à l’euro près » rapporte le vigneron Anthony Bafoil, porte-parole du Syndicat des Vignerons du Gard (SVG) et vice-président Fédération Départementale des Syndicats d'Exploitants Agricoles du Gard (FDSEA 30).

Le SVG fait sienne la position de la Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles (FNSEA), qui réclame un maintien du budget d’aide à l’emploi agricole. Cette demande s’inscrivant dans le jeu des navettes parlementaires, alors que les sénateurs ont voté ce 14 novembre le rétablissement de l’exonération TO-DE dans le cadre du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS), mais que la seconde lecture du texte à l’Assemblée Nationale cette semaine devrait se solder par à un retour à l’exonération de 1,15 SMIC initialement proposée par le nouveau ministre de l'Agriculture.

"Des structures ne seront plus viables"

« Il faut absolument que le coût horaire des saisonniers reste supportable. Sinon, des structures ne seront plus viables. Pour certaines exploitations, le montant du TO/DE est supérieur à leur résultat annuel… C’est ce qui paie les charges et permet d’investir » alerte Anthony Bafoil. Le SVG n’a pas prévu de nouvelle manifestation pour l’instant, attendant l’issue des votes sur le PLFSS, attendus ce 4 décembre.

 

Les organisateurs précisent que cette manifestation était purement syndicale, et n’avait rien à voir avec le mouvement des gilets jaunes.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2018 - Tout droit réservé