LE FIL

Analyse concurrentielle

La France conserve sa seconde place

Mercredi 21 novembre 2018 par Marion Sepeau Ivaldi

Audrey Laurent, chargée d'étude vin à FranceAgriMer (à gauche) et Julie Barat, cheffe de l'unité filières spécialisées de FranceAgriMer (à droite) ont présenté la veille concurrentielle le 21 novembre lors du salon Vinitech.Audrey Laurent, chargée d'étude vin à FranceAgriMer (à gauche) et Julie Barat, cheffe de l'unité filières spécialisées de FranceAgriMer (à droite) ont présenté la veille concurrentielle le 21 novembre lors du salon Vinitech. - crédit photo : Marion Sepeau Ivaldi
FranceAgriMer a présenté la veille concurrentielle du marché mondial du vin ce 21 novembre sur le salon Vinitech Sifel. La France se positionne toujours à la seconde place.

13 pays producteurs de vin auscultés à travers 70 indicateurs répartis en six thématiques différentes (1) : tel est le travail d’analyse qu’a mené le cabinet Deloitte pour le compte de FranceAgriMer pour aboutir à la veille concurrentielle 2017 du marché mondial du vin. Statistiques 2016 à l’appui, le cabinet livre ainsi le 20ème rapport de cet exercice d’analyse macro-économique. Et si la méthodologie a changé pour cette version 2017, le classement évolue peu, plaçant l’Italie en première position avec un total de 659 points, talonnée par la France qui est notée à 653. Le trio de tête est complété par l’Espagne qui totalise 602 points et revient ainsi dans le top de ce classement après être tombée à la 5ème place en 2016. Les trois pays européens, premiers producteurs mondiaux, sont challengés par trois pays de l’Hémisphère Sud : l’Australie, le Chili et les Etats-Unis (respectivement troisième, quatrième et cinquième). Dans la suite de ce classement, FranceAgriMer pointe particulièrement deux pays : la Chine qui possède l'un des vignobles les plus importants au monde et l’Allemagne qui gagne trois places par rapport au classement 2016.

L’Italie toujours leader

La Péninsule italienne demeure la première du classement notamment en raison de la productivité de son vignoble (premier producteur au monde, notamment de Prosecco), de la largeur de sa gamme (en termes de catégories de produits, de conditionnements, de services…), de l’adaptation des profils de produit à la demande. Par ailleurs, sa commercialisation est renforcée par une part de marché export importante (40 % des volumes produits par le pays) ainsi qu’une consommation domestique qui repart à la hausse. Enfin, le marketing et l’adaptation du packaging sont jugés dynamiques. FranceAgriMer relève enfin la compétitivité des prix italiens. L’étude pointe quelques faiblesses : la dépendance de l’Italie a trois marchés principaux (Etats-Unis, Allemagne, Royaume-Uni), la faiblesse de ses marges commerciales et la taille insuffisante de ses PME pour performer sur certains marchés exports.

La France, marché de valeur

La politique de valorisation des vins de France ressort nettement de l’analyse. L’Hexagone est confronté à une baisse structurelle de sa production, notamment en raison « de la réorientation du vignoble vers la qualité et le développement en bio » qui réduit les rendements. Cela rend la France vulnérable aux importations d’entrée de gamme et conduit à une stagnation des volumes commercialisés que l’atonie de la consommation domestique ne contribue pas à dynamiser. Cependant, le pays tire son épingle du jeu grâce à la notoriété de ses vins et de ses appellations, de la force de ses marques et de son savoir-faire commercial.

La remontée de l’Espagne

La productivité espagnole soutenue par la restructuration du vignoble et l’installation de l’irrigation consolide la filière et relance ce pays qui avait perdu plusieurs place lors du dernier classement. L’Espagne se démarque aussi par sa production bio (la première en volume au monde) ainsi que la dynamique forte de ses exportations, notamment en vrac. Le pays doit néanmoins conjuguer avec des prix très bas, une consommation domestique faible et une organisation administrative régionalisée. Sa dépendance à l’eau d'irrigation fragilise également son avenir.

Les Etats-Unis bientôt dans le trio de tête

FranceAgriMer note que les « Etats-Unis apparaissent comme le principal challenger du trio de tête à l’horizon 2030 ». Le pays bénéficie du dynamisme de ses trois pays principaux (Canada, Mexique, Etats-Unis), créant ainsi des débouchés de proximité. Le pays peut également se targuer d’un marché intérieur important permettant encore une progression des ventes. Reste que son développement international est limité par la cherté de ses vins et que la politique fiscale de Trump est un frein au rayonnement mondial des vins américains.

 

 

 

Les six facteurs de compétitivité étudiés sont : le potentiel de production, le climat et l'environnement, la capacité des opérateurs à conquérir des marchés, le portefeuille des marchés et l'équilibre des flux, la dynamique de la filière et lesinvestissements et l'environnement macro-économique.

Tags : Vinitech

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