LE FIL

Bordeaux

Les Côtes réussissent où on ne les attend pas

Jeudi 15 novembre 2018 par Bertrand Collard

De gauche à droite : Nadine Picant, (Château Hostens-Picant, Sainte-Foy Côtes de Bordeaux), Françoise Lannoye (vignobles Lannoye, Castillon Côtes de Bordeaux), Florian Thienpont (vignobles Thienpont, Francs Côtes de Bordeaux), Patricia Zabalza (directrice de l’Union des Côtes de Bordeaux), Jean Médeville (Château Fayan Cadillac Côtes de Bordeaux) et Nicolas Carreau (vignobles Carreau, Blaye Côtes de Bordeaux)De gauche à droite : Nadine Picant, (Château Hostens-Picant, Sainte-Foy Côtes de Bordeaux), Françoise Lannoye (vignobles Lannoye, Castillon Côtes de Bordeaux), Florian Thienpont (vignobles Thienpont, Francs Côtes de Bordeaux), Patricia Zabalza (directrice de l’Union des Côtes de Bordeaux), Jean Médeville (Château Fayan Cadillac Côtes de Bordeaux) et Nicolas Carreau (vignobles Carreau, Blaye Côtes de Bordeaux) - crédit photo : Bertrand Collard
Il y a dix ans, l’appellation Côtes de Bordeaux voyait le jour pour attaquer l’export. Un objectif loin d’être atteint. Mais les producteurs ont d’autres raisons de se réjouir.

« Nous produisons 65 millions de cols par an, soit une bouteille par français, plaisante Françoise Lannoye en présentant l’AOC Côtes de Bordeaux devant la presse le 13 novembre à Paris. Nous sommes la quatrième AOC de vin rouge la plus vendue en grande surface en France. Nous exploitons 10000 ha. »

En 2019, cette appellation fêtera ses dix ans. L’occasion de faire un bilan dès maintenant.

"Cinq villages"

Côtes de Bordeaux se décline en cinq villages (dénominations géographiques complémentaires, selon le jargon officiel) : Blaye, Cadillac, Castillon, Francs et Sainte-Foy. En 2009, ces cinq appellations se sont regroupées sous Côtes du Bordeaux pour simplifier l’offre de Bordeaux et répondre à la demande du négoce qui voulait des volumes pour créer des marques et attaquer l’export.

« En dix ans, nous avons rajeuni notre clientèle, affirme Françoise Lannoye, présidente de Castillon Côtes de Bordeaux et viticultrice à Salles-de-Castillon. Nous avons développé la vente directe. Nous organisons une trentaine d’événements en commun par an pour une meilleure visibilité sur les marchés. Nous sommes proches des consommateurs. Nous sentons les tendances du marché et nous y adaptons rapidement. »

"27 % des vins exportés"

« Il y a dix ans, nous exportions 11 % de notre production. Aujourd’hui, c’est 27% », poursuit Patricia Zabalza directrice l’Union des Côtes de Bordeaux. Un niveau encore bien inférieur aux ambitions de cette jeune appellation. Il faut dire que le négoce ne s’est pas précipité pour créer des marques alors qu’il s’approvisionne dans les Côtes pour ses bordeaux haut de gamme.

L’Union n’a pas abandonné l’idée. En janvier prochain, elle invitera pour la deuxième fois le négoce à venir déguster les vins des producteurs. « En janvier dernier, 75 acheteurs s’étaient présentés. Ce fut un succès », rappelle Patricia Zabalza.

"Meilleure valorisation"

Parallèlement, une autre forme de commerce se développe. « L’avenir semble passer davantage par le référencement de bouteilles de vignerons », observe la directrice. En attendant de faire des étincelles à l’export, l’appellation se satisfait de la hausse régulière de la valorisation de ses vins. En témoignent deux chiffres. Alors que les ventes dans la grande distribution française ont reculé de 12 % en volume depuis 2008, le chiffre d'affaires a progressé de 9%.Le prix moyen par col est passé de 3,73 à 4,64 €.

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