LE FIL

Languedoc-Roussillon

La coopération pronostique des prix en reflet exact à ceux de 17/18

Lundi 29 octobre 2018 par Marion Sepeau Ivaldi

Boris Calmette, Coop de France Occitanie : 'Notre objectif est de parvenir à 30 % des volumes de vins de France sous contrat'
Boris Calmette, Coop de France Occitanie : 'Notre objectif est de parvenir à 30 % des volumes de vins de France sous contrat' - crédit photo : Marion Sepeau Ivaldi
Pas de baisse, pas de hausse. Les caves coopératives languedociennes ont tenu leur traditionnelle réunion post-vendange. Et malgré le retour des volumes à la normale, elles considèrent que le juste prix est celui de l’an passé.

Réunies à Narbonne ce 26 octobre sous la houlette de Coop de France Occitanie, les caves coopératives du Languedoc Roussillon (soit 90 entreprises) ont échangé sur la prochaine campagne. A la sortie de ce traditionnel rendez-vous, Boris Calmette, leur président, indique que la coopération du Languedoc Roussillon a « bon espoir que les prix soient raisonnables pour la campagne 17/18 ». Par raisonnable, le président entend « au même niveau que les cours de l’an dernier, exception faite de quelques AOC où des hausses sont envisageables ».

Le rempart de Terre du Midi

Cette vision s’appuie sur deux outils qui pourraient jouer sur l’évolution des prix. Tout d’abord, la campagne sera marquée par l’arrivée d’une nouvelle catégorie de vins : l’IGP Terre du Midi, un vin d’assemblage dont le sourcing s’étend des Pyrénées-Orientales au Rhône. De quoi s'assurer du volume et créer un segment entre les vins de France (VSIG) et les IGP d’Oc. Cette nouvelle offre connaîtra-t-elle l’appétit des metteurs en marché et surtout de la grande distribution ? Boris Calmette apparaît raisonnablement optimiste au vu des premiers échos de transactions. « Des marchés sont en train d’être conclus en IGP Terre du Midi sur les trois couleurs ». S’il ne souhaite pas indiquer les prix de ces premières transactions, Boris Calmette évoque qu’ils se situent entre « 70 et 85 euros/hl », soit le prix souhaité par Ludovic Roux, président de l’IGP Terre du Midi. Ne reste plus qu’à espérer que ce premier signal du marché se consolide au cours de la campagne (les metteurs en marché et les intermédiaires sont peu prolixes au sujet de l’IGP Terre du Midi, certains mêmes allant jusqu’à estimer qu’il s’agit d’un coup d’épée dans l’eau) et que la catégorie Terre du Midi jouera le rôle de barrière à l’affaiblissement des cours de l’IGP d’Oc et des AOC.

Contrat contre la dépréciation

Car, la concurrence risque d’être bataillée durement sur les entrées de gamme avec des prix qui s’orienteront très certainement à la baisse, compte tenu des premiers cours espagnols et italiens. Les vins de France et tous les vracs d’entrée de gamme risque fortement d’apparaître peu compétitifs et leurs cours pourraient s'orienter être en retrait, avec le risque d'entraîner dans leur sillage toute l'offre de vins d'origine. Selon Boris Calmette, pour cette catégorie de vin, c’est la contractualisation annuelle (second outil pour maîtriser les prix) qui doit faire pencher le choix des acheteurs en faveur de l’origine française. Ce rapport de confiance longue durée est ainsi perçu comme un facteur de différenciation permettant aux metteurs en marché de travailler et construire les marques sur la durée. « Les vins de France ne doivent pas être une variable d’ajustement. Avec la contractualisation pluriannuelle, les opérateurs peuvent travailler leur marque tout en intégrant les promotions » explique-t-il en soulignant que les contrats sont toujours plus nombreux à se signer. « Notre objectif est de parvenir à 30 % des volumes de vins de France sous contrat » lance-t-il. Et d’expliquer que désormais, la production est suffisamment organisée pour que les marges ne se fassent plus à l’achat, mais bien à la vente. « C’est dans l’ordre des choses !».

 

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