LE FIL

Moins producteur, plus auteur

Plaimont se veut une maison de vin

Mardi 02 octobre 2018 par Bertrand Collard

Jean Aymes, responsable marketing, Nadine Raymond, coordinateur technique et Olivier Bourdet-Pees, directeur général de PlaimontJean Aymes, responsable marketing, Nadine Raymond, coordinateur technique et Olivier Bourdet-Pees, directeur général de Plaimont - crédit photo : B. Collard
A l’occasion de ses 40 ans, Plaimont change de signature pour réaffirmer son ancrage dans le Sud-Ouest et le piémont pyrénéens, région dont la coopérative ne cesse d’explorer l’extraordinaire diversité de cépages.

Née en 1978, Plaimont fête ses quarante ans. A l’occasion de cet anniversaire, la coopérative renouvelle son image pour rappeler son ancrage dans son terroir et son histoire. « A l’époque, nous étions une région exsangue, rappelle Olivier Bourdet-Pees, le directeur général. Nous faisions les vins les plus mauvais et les moins chers de France. André Dubosc, notre président fondateur, a pris une autre voie. Nous avons fait découvrir un terroir peu connu en Grande-Bretagne, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique… Nous sommes fiers du chemin parcouru et conscients de ce qu'il reste à faire »

"Nouvelles signatures"

Pour rappeler ses origines et son parcours la coopérative adopte deux nouvelles signatures : Plaimont Vignerons en Gascogne et terroirs pyrénéens, pour la communication institutionnelle et vers les grands comptes et Plaimont Les vins du Sud-Ouest aux grandes origines pour la communication vers le grand public. Exit Plaimont Producteurs. « Producteurs, c’est trop productiviste, analyse Olivier Bourdet-Pees. Nous voulons aller sur des notions plus vigneronnes. »

Dans la première signature, Plaimont est écrit en lettres bâton et surmonté d’un P en forme de blason et noueux comme un cep de vigne. « Nous avons voulu quelque chose de posé qui fasse maison de vin », explique Jean Aymes, responsable marketing. Dans la seconde signature, la raison sociale est calligraphiée pour souligner un savoir-faire, une tradition.

"Manseng noir"

Son succès, Plaimont le doit en partie aux cépages locaux qu’elle n’a jamais cesser de travailler. Certains comme le colombard, les petit et gros manseng ou le tannat sont très connus. D’autres sortent des limbes du passé grâce au travail entrepris depuis des décennies pour recenser et valoriser le patrimoine ampélographique du Gers et du Piémont pyrénéen.

C’est ainsi que Plaimont relance le manseng noir, partant de deux pieds trouvés chez ses adhérents. La coopérative vient de sortir 7000 bouteilles de ce cépage pur, un vin frais et croquant, et 100000 bouteilles d’un assemblage de merlot et de manseng noir. Deux nouvelles références en IGP Côtes de Gascogne lancées avec le millésime 2017. Une goutte d’eau dans la production de l’entreprise qui rencontre un vif succès de curiosité. « On gère la pénurie. Les gens voudraient une palette. Nous ne pouvons leur livrer qu’un carton », assure Jean Aymes.

"L'arrufiac, une épice"

Plaimont a bien d’autres cépages sous le coude pour entretenir le lien avec son terroir. L’arrufiac, par exemple, un blanc qu’elle demande à ses producteurs de replanter. Mais contrairement au manseng noir, il est destiné à rester un simple figurant. « Pur, il est amer et tannique. En assemblage, c’est une épice », indique Oliver Bourdet-Pees. Une épice rare qui contribuera à souligner l’originalité de la production de Plaimont.

Plaimont a réalisé un chiffre d’affaires de 73 millions d’euros au 31 juillet 2018, à 50 % à l’export où l’entreprise vend 55 % de ses volumes. L’entreprise produit en moyenne 400000 hl par an.

 

L'une des affiches de la communication grand public de Plaimont.

 

 

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