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Bourgogne

Retour à des prix mesurés des vins en vrac

Mercredi 03 octobre 2018 par Juliette Cassagnes

Avec les successions de faibles récoltes depuis 2013, les cours des vins de Bourgogne avaient atteint des niveaux élevés. Le retour des volumes annonce un réajustement à la baisse.
Avec les successions de faibles récoltes depuis 2013, les cours des vins de Bourgogne avaient atteint des niveaux élevés. Le retour des volumes annonce un réajustement à la baisse. - crédit photo : Pixabay
Compte-tenu de la nouvelle récolte pleine, particulièrement en blanc, la Bourgogne se dirige vers une baisse des prix des vins. Les premières transactions de moûts le confirment.

Comme annoncé le 17 septembre, la Bourgogne s'attend à une belle récolte, voire même une « grosse récolte ». Ce serait le cas en Chardonnay plus qu'en Pinot noir, qui a créé la « surprise » avec plus de volume qu'attendu extrait lors des pressurages, compte-tenu des faibles précipitations enregistrées pendant l'été.

Ces volumes conséquents devraient logiquement conduire à plus d'attentisme de la part des opérateurs sur le marché vrac, ainsi qu'à une « détente » des prix des vins, plutôt bienvenue : « Le fait d’avoir deux grosses récoltes consécutives entraînera inévitablement une baisse des prix, a expliqué Louis-Fabrice Latour, président-délégué du BIVB, lors de la conférence de presse de rentrée ; il faut voir cela comme une opportunité pour reconquérir des positions et récupérer les jeunes consommateurs ».

"Des ventes sous le pressoir"

Les conséquences se font déjà sentir sur les appellations blanches Mâcon et Chablis. Dans la première, des vignerons ont même vendu en tout début de campagne leurs moûts à des prix « cassés », à 450€ la pièce, contre 600 à 650€ l'an dernier. « Mais ce montant concerne à peine 1000 hl de moûts et n'est pas représentatif de la campagne, tient à préciser Marc Sangoy, vice-président de l'UPVM et président de la cave de Lugny. Il s'agit d'une minorité de viticulteurs qui ont dû vendre dans la précipitation par manque de cuverie ».

Les autres jus, qui ne font pas l'objet de contrats pluriannuels et qui représentent environ 20% des 18000 hl vendus, se sont quant à eux échangés autour de 500-550€ la pièce. « Après plusieurs années de cours qui se maintenaient à un niveau élevé, on est sur une baisse logique mais pas catastrophique ; avec le retour aux volumes, c'est un réajustement des prix », commente un courtier du secteur.

"Des vins moins chers"

Les transactions en vins, qui restent la grosse majorité des volumes, devraient démarrer en décembre ou janvier prochains. « Il y aura une baisse des cours mais qui, j'espère, sera raisonnable, prédit Marc Sangoy. Ce qui est sûr, c'est que nous n'allons pas nous précipiter pour vendre si les prix sont trop faibles ». Pour le courtier, ces derniers devraient tourner autour de 600-650€ la pièce, contre un prix supérieur à 700€ l'an dernier.

A Chablis, les toutes premières transactions indiquent également une baisse, mais qui reste mesurée, compte-tenu des volumes de récolte rentrés dans les chais. Leurs prix oscillaient fin septembre autour de 650€, contre 700€ à 800€, voire plus, l'an dernier. « On assiste à un retour à la normale : entre 600€ et 700€, c'est un bon prix », se satisfait Adrien Michaut, nouveau président de la Fédération des appellations de Chablis.

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