LE FIL

Durcissement des règles de repli

Les ODG vont devoir s'adapter ou arrêter

Vendredi 21 septembre 2018 par Juliette Cassagnes

A partir de la récolte 2019, il sera possible de 'replier' une appellation vers une autre à condition que les cahiers des charges soient 100% compatiblesA partir de la récolte 2019, il sera possible de 'replier' une appellation vers une autre à condition que les cahiers des charges soient 100% compatibles - crédit photo : J Cassagnes
Pour maintenir le système du repli entre appellations, les ODG vont devoir aménager les cahiers des charges entre les appellations, afin de les rendre 100% compatibles.

Le dernier Comité national INAO du 6 septembre 2018 a approuvé de nouvelles règles concernant les « replis », généralement effectués entre appellations communales et régionales. A partir de la récolte 2019, les opérateurs pourront les effectuer mais à condition seulement que l'ensemble des conditions de production précisées dans le cahier des charges de l'appellation destinataire soient remplies.

Les ODG qui souhaitent poursuivre cette pratique vont donc être dans l'obligation d'adapter le cahier des charges des appellations concernées. Ils ont un délai d'un an pour proposer un projet de nouvelle version corrigée. « Cela va demander beaucoup de travail mais ce sujet n'est pas nouveau ; cela faisait longtemps qu'on en parlait », tempère Michel Bronzo, président du groupe de travail et membre du Comité national INAO.

Le repli, une pratique bien française

Pour les appellations dans lesquelles seuls quelques points diffèrent, les rendre compatibles ne posera pas trop de problèmes. Ce sera par exemple le cas entre l'appellation Côtes-du-Rhône village ou le jeune cru Cairanne, et l'appellation régionale Côtes-du-Rhône, pour lesquelles « les cahiers des charges sont proches ». Pour d'autres, la donne sera différente, avec un grand nombre de points ne coïncidant pas : « Pour les autres crus plus anciens des Côtes du Rhône, les replis ne seront plus possibles car il y aura trop d'écarts entre les cahiers des charges », témoigne Philippe Pellaton, président du syndicat et membre du Comité national INAO.

"Une décision logique"

La Bourgogne également, où une centaine d'appellations se côtoient, sera l'une des régions les plus impactées par cette décision. En AOP Mâcon notamment, environ 30% des volumes sont repliés chaque année en Bourgogne blanc : « On ne pourra pas se passer des replis, nous allons donc travailler d'ici là pour aligner les cahiers des charges », explique Jérôme Chevalier, président de l'UPVM.

Jusqu'à présent, cette pratique du repli avait cours sans réelle règle existante, à partir du moment où cela se faisait d'une appellation « du haut vers le bas de la pyramide », la première étant théoriquement produite dans des conditions plus restrictives que la seconde. « Le repli reste une pratique très française et marginale ; elle faisait l'objet depuis de nombreuses années d'une réflexion pour en définir les règles, car il ne s'agit que d'une tolérance, rappelle Michel Bronzo. Aux yeux de l'Europe, le repli n'existe pas, la réglementation refuse cette position, qui est d'ailleurs logique : il est difficile d'aller contre l'idée que, pour pouvoir revendiquer une appellation, il faille respecter 100% des conditions ... », conclut ce dernier.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2018 - Tout droit réservé