LE FIL

Côtes-du-Rhône

Quand même les galets roulés sont volés

Jeudi 06 septembre 2018 par Alexandre Abellan

Avec 120 ha de vigne, l’appellation Côtes-du-Rhône Villages Gadagne s’étend sur un plateau marqué par la présence de galets roulés.
Avec 120 ha de vigne, l’appellation Côtes-du-Rhône Villages Gadagne s’étend sur un plateau marqué par la présence de galets roulés. - crédit photo : Syndicat des vignerons du grand-duché de Châteauneuf de Gadagne
À proximité d’Avignon, l’appellation Gadagne subit un pillage régulier du socle de son appellation : ses cailloux. Une rapine accompagnée d’un nombre croissant d’incivilités.

Sur la commune viticole de Châteauneuf-de-Gadagne, caillou par caillou, « on nous vole notre terroir ! » peste Xavier Anglès, le propriétaire du domaine Bois Saint-Jean. Exploitant 50 hectares de vigne, le vigneron ne cesse de voir ses 25 ha de galets roulés pillés par des indélicats. Relevés par un reportage sur France 3, ces vols de galets roulés ne sont « pas rares du tout, c’est un sujet récurrent dans toute notre AOC Côtes-Du-Rhône Villages Gadagne » soupire Xavier Anglès.

Le vigneron reconnaît avoir sur la zone « de jolis galets roulés, avec une quantité de choix (rouges, ronds, plats…) », mais si « depuis toujours il y a des particuliers qui nous prennent des cailloux pour consolider leur muret, ce qui ne gêne pas », l’exploitant ne supporte pas de tomber « sur des camions bennes de maçons qui se servent en galets et les facturent à leurs clients. »

"Cela fait partie des aléas"

« On sait qu’il se dérobe de plus en plus de galets, car il s’en utilise de plus en plus pour le paillage et la décoration des espaces verts. Malheureusement notre outil de travail n’est pas clôturé et certains se croient tout permis… » reconnaît Philippe Geren, ancien président du syndicat des vignerons du grand-duché de Châteauneuf-de-Gadagne. Pour lui, ces vols sont l’effet de la proximité d’Avignon et de la densification des habitations dans la zone. Mais face à la recrudescence de ces vols, « on est impuissant : on ne peut pas monter la garde, cela fait partie des aléas » estime avec fatalisme Philippe Geren.

Reconnaissant qu’il est « difficile de se défendre » contre ce pillage pierre par pierre, Xavier Anglès est lassé par l’ironie qui répond à ses doléances. S’il n’a pas porté plainte pour les vols de galets, il en a posé une l’an dernier pour une prise en flagrant délit de vol de vendanges sur ses parcelles. Son ras-le-bol étant attisé par des vols de plants de vignes et de tuteurs. Et alors qu’il vendange ses parcelles de viognier, il tombe sur une décharge sauvage de pneus et morceaux de piscine en bout de rangs. « Je suis à bout, ils viennent dans une propriété privée nous prendre ce qui nous appartient et dégrader notre outil de travail… » soupire-t-il.

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