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Prévisions

La vendange 2018 estimée à 44.5 millions d'hectolitres

Vendredi 24 août 2018 par Bertrand Collard
Article mis à jour le 13/09/2018 14:17:49

Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgriMer
Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgriMer - crédit photo : B.Collard
Au nom des professionnels, Jérôme Despey annonce une récolte inférieure de 1,6 million d’hl à celle prévue par le ministère de l’agriculture. Ce dernier serait en retard sur les événements les plus récents.

« Nous avons quelques différences avec les services du ministère de l’agriculture, a prévenu d’emblée Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgriMer ce 24 août. Après avoir pris de multiples précautions pour dire que la récolte est très hétérogène, donc difficile à estimer, en raison des accidents climatiques, de la canicule et du mildiou, il s’est jeté à l’eau : « Agreste viennent d’annoncer 46,1 millions d’hl, nous (les professionnels, NDLR) estimons la récolte à 44,5 millions d’hl ».

"Au plus près de la récolte"

A quoi tient cette différence ? Au fait que les professionnels ont fait leurs observations « au plus près de la récolte » alors qu’une partie au moins de celles du ministère remonteraient à début août.

« L’année dernière, nous avions fait la plus petite récolte depuis l’après-guerre. Celle de cette année est en hausse de 20 %. Nous flirtons avec la moyenne quinquennale. Mais on constate que nous avons du mal à passer la barre des 45 millions d’hl quand il n’y a pas d’incident climatique majeur comme le gel, alors que la récolte française était supérieure à 50 millions d’hl il y a 15 ou 20 ans. » Une difficulté que le responsable professionnel attribue au réchauffement climatique et à son lot de sécheresse et de canicule.

"Espoir déçu en Languedoc"

S’y est ajouté le mildiou cette année. « En début de campagne, quand on a vu la sortie de grappe, on a eu l’espoir de revenir à 13 millions d’hl en Languedoc-Roussillon », a rappelé Jérôme Despey. Espoir déçu. Selon les professionnels, la récolte devrait s’établir à 11,9 millions d’hl seulement. La perte de potentiel revient principalement au mildiou. Jérôme Despey en est convaincu. Mais il s’est dit incapable de chiffrer son impact. Bien malin qui saura le faire. Pour mémoire, en 2017, le Languedoc-Roussillon n’avait récolté que 10,4 millions d’hl.

Par rapport à l’an dernier c’est la Champagne qui devrait enregistrer la plus forte hausse passant de 2,2 à 3,5 millions d’hl (+ 56 %).

"Ecart à Bordeaux"

A Bordeaux, aussi la récolte est bien meilleure, avec 5 millions d’hl annoncés par les professionnels et 5,7 Mhl par Agreste contre 3,7 Mhl en 2017. L’écart entre les deux prévisions tiendrait au fait que l’administration aurait sous-estimé l’impact de la grêle et de la sécheresse.

Pour les Charentes aussi, les estimations divergent, avec 8,2 millions d’hl pour les professionnels et 8,8 pour l’administration qui n'aurait pas tenu compte des dernières décisions en matière de rendement.

Compte tenu de la bonne récolte, les marchés devraient être stables, pronostique le responsable professionnel, alors que les coûts de production sont en hausse. Dans le Languedoc l’IGP Terre du Midi, officiellement homologuée depuis début août, pourrait voir son démarrage retardé, la récolte étant moins bonne qu’espérée, les producteurs privilégieront les valeurs sûres que sont l’IGP Pays d’Oc et les appellations.

 

Les chiffres des professionnels et de l'administration

  Prévisions professionnelles Prévisions Agreste Récolte 2017 Moyenne 2013-2017
Champagne  3,5  3,5  2,2  2,5
Bourgogne-Beaujolais  2,4  2,5  2,2  2,2
Alsace  1  1,2  0,9  1
Val de Loire  2,8  2,8  2,2  2,5
Charentes  8,2  8,8  6,7  8,1
Sud-Ouest  3,6  3,7  3  3,3
Bordelais  5  5,7  3,7  5,1
Languedoc-Roussillon  11,9  12  10,4  12,5
Sud-Est  4,7  4,7  4,3  5,3

 

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