LE FIL

Transition technologique

La vraie guerre à mener

Vendredi 17 août 2018 par Marion Sepeau Ivaldi
Article mis à jour le 03/09/2018 11:42:13

La vraie guerre à mener - crédit photo : CC0 Creative Commons
D’ordinaire, le pouvoir politique se tient à l’écart des décisions judiciaires, la séparation des pouvoirs étant un des principes fondamentaux de notre démocratie. Ce n’est pas le cas avec

D’ordinaire, le pouvoir politique se tient à l’écart des décisions judiciaires, la séparation des pouvoirs étant un des principes fondamentaux de notre démocratie. Ce n’est pas le cas avec le rendu du jugement, aux Etats-Unis, de Monsanto concernant un défaut d’information sur la dangerosité du glyphosate. La lourde condamnation du groupe, repris récemment par Bayer, a été saisie à la volée par Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire, pour relancer le débat de l’interdiction du controversé herbicide (faisant fie des dernières décisions). Et d’appeler à mener une guerre contre les pesticides. De quoi provoquer quelques réactions côté de la filière agricole, notamment la remarquée tribune d’Emmanuel Ferrand (pour la lire, c’est par ici), agriculteur de l’Allier, qui a été largement relayée par les réseaux sociaux et certains médias. En substance, l’agriculteur appelle à se référer aux avis des agences de santé plutôt qu’à réagir sur un seul plan politique. Il souligne également que le classement du cuivre apparaît comme largement plus préoccupant que celui du glyphosate. Si l’ambition est de mener une guerre contre les pesticides, le cuivre serait donc une cible. Il est probable que Nicolas Hulot n’osera pas entrer dans un tel champ de mines. C’est ainsi que s’il y a une guerre à mener, c’est celle du déploiement de la technologie et de l’innovation dans les exploitations pour que chaque décisions techniques soient fondées sur un raisonnement scientifique. Et que l’on mette un point final à l’opposition de modèles qui ont chacun leurs versants flamboyants et leurs revers plus sombres.

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VOS RÉACTIONS
PATRICK BAUDOUIN Le 01 septembre 2018 à 10:31:04
Madame, Votre réponse est très significative de la cage mentale dans laquelle s’enferme aveuglément une partie de la profession agricole. Posez la question aux organismes qui pilotent et gèrent le tourisme en France, à la Mairie de Versailles, pour avoir leur avis sur l’impact économique de la beauté des espaces verts à Versailles, où je suis allé cet été emmener des amis américains. Si, madame, les fleurs de Versailles, et là je parle aussi de la ville, nourrissent des hommes et des femmes, et créent aussi des emplois. Et elles ne les rendent pas malades, elles ne détruisent pas les insectes, les oiseaux, la biodiversité. Beaucoup de vignerons, et d’agriculteurs, se retranchent derrière l’utilité sociale de leur métier pour justifier l’empoisonnement, par les pesticides qu’ils utilisent, de la population et des générations futures par la pollution toxique de l’air, de l’eau, et des aliments…dont effectivement nous nous nourrissons. Vous ne pouvez pas prétendre nourrir la planète en la rendant invivable. Et je considère que les professionnels des espaces verts sont tout autant des professionnels de l’agriculture que nous, ce ne sont pas des amateurs qui pourraient se permettre d’être incompétents ou d’avoir des résultats désastreux. Dans le cas de ceux de Versailles, apparemment ils ont choisi de ne pas avoir une attitude citoyenne irresponsable, et ce en obtenant des résultats agronomiques incontestables. Du haut de notre suffisance, ou inconscience, prenons- en de la graine. Ayons simplement le courage d'explorer et d'inventer d'autres modèles agronomiques, ce que de nombreux scientifiques, agriculteurs, font déjà, et ailleurs que dans les espaces verts, et ce que la société demande. C'est tout a fait possible. Et urgent.
Muriel Le 28 août 2018 à 15:55:52
Je ne suis pas sûre de comprendre votre réponse, Patrick Baudouin. Vous nous parlez des jardins verts de Versailles, entretenus sans produits phytosanitaires, en réponse à "Monceni" qui critiquent les agriculteurs biologiques qui nous nourrissent. Nous ne parlons pas de la même chose, quand même ? Les espaces verts de Versailles ne nourrissent personne et aucun consommateur n'achète ces fleurs! Le point soulevé dans l'article concerne des agriculteurs qui nous nourrissent, qui travaillent des surfaces gigantesques et ne peuvent désherber à la pelle et à la pioche ! Même si ils le voulaient, qui serait prêt à payer le surcoût que ça engendrait sur le prix des légumes ou céréales ? Personne ! Dans un monde où l'on ne rêve que de "pas cher", "discount" et du "tout gratuit", tout le monde se tournerait vers les produits importés, glyphosatés, et pas chers sans un regard pour l'agriculteur français qui cherche à faire les choses proprement ! Parce que c'est bien d'interdire ou de vouloir interdire un produit dont on a même pas prouvé scientifiquement la dangerosité, mais que propose-t-on en échange à l'agriculteur pour qu'il reste compétitif face aux pays qui eux, auront toujours le droit d'utiliser le glyphosate ?
Patrick Baudouin Le 25 août 2018 à 13:06:58
Bizarre cette réaction quasi haineuse de "monceni" (pourquoi un pseudo ? si on est honnête et courageux sur ses convictions, on assume, non ?). Que cette personne daigne écouter l'émission de ce matin sur France culture, où une dangereuse excitée irresponsable cherchant la gloire médiatique et donneuse de leçons, Cathy BIass-Morin, Directrice des Espaces verts de la ville de Versailles, explique la dangerosité et la gravité des pesticides, et comment depuis 15 ans elle a banni les pesticides de la gestion des espaces verts de la ville gauchiste bien connue, Versailles. Un peu de sérieux dans la discussion donne plus de crédibilité. https://www.franceculture.fr/emissions/de-cause-a-effets-le-magazine-de-lenvironnement/la-voix-est-libre-avec-cathy-biass-morin-0
monceni Le 23 août 2018 à 18:08:31
Quand je lis les réactions de certains BIO concernant le cuivre cela me fait éclater de rire. Vous les BIO vous êtes les premiers à utiliser le cuivre à 8kg l'hectare alors qu'il est limité à 4 Kg an. Surtout cette année avec les pressions de mildiou vous avez mis pour beaucoup 10 voire 12kg l'hectare et vous désirez donner des leçons aux conventionnels. Balayez devant votre porte messieurs avant de vous inscrire en donneur de leçon. Les politiques sont arrivés à diviser les vignerons bravo
monceni Le 23 août 2018 à 18:02:24
Mr HULOT est dans l'obligation de faire en sorte que l'on parle de lui puisqu'au sein du gouvernement est il est inexistant. Il sert à rien du tout. Il est pas pris au sérieux . Macron se sert de lui tout simplement
Antoine Le 21 août 2018 à 18:02:24
pour rol j'espère quand meme que les vignes ètaient dèjà presque mortes ou mortes, pour que vous ayez du les arracher à cause de votre sol mort. Le problème des doses de cuivre est connu depuis avant la naissance du bio, c'est la raison pour laquelle le cuivre a été limité en dose annuelle/ha en bio alors qu'il n'y avait pas de reglementation sur son usage en conventionel. Vous auriez du passer en bio plus tot ;-)
gregoire Le 20 août 2018 à 13:43:07
cette article me semble de très mauvais gout ou has been ou bien la personne à l'origine n'a pas réussi à faire passer son message? bref allons de l'avant, prenons cette lutte pour une chance, un tournant... ah non on s en moque on ne sera plus là...
rol Le 20 août 2018 à 10:51:42
Il est vrai que le " c'est par ici "est peu visible et que certains ,à l'évidence ,ne l'ont pas lu ....ou... que ,comme pour des cocaïnomanes , seul le poison de la Secte est recevable...il n'est pire sourd que celui qui ne veut entendre...ou simplement analyser les faits sans idée préalable ce qui permettrait une saine réflexion...Quant au cuivre, j'ai du arracher 2 ha d'une appellation fort cotée du bordelais car l'analyse du sol a conclu : que le sol était mort et totalement stérilisé par la bouillie bordelaise des anciens....mais il y a de l'espoir puisque les ultra -bios des bios déclarent " en rigolant " qu'ils n'en ont plus besoin...
Claire LAVAL Le 18 août 2018 à 14:32:12
Le tribunal n'a pas condamné Monsanto contre un simple défaut d'information. Il a relevé une stratégie de désinformation mise en place depuis 1999 pour masquer les propriétés cancérigènes du Round Up. Le scandale des "Monsanto Papers" révélé, grâce à la déclassification par la justice américaine de documents internes à Monsanto, n'est pas parvenu jusqu'à vous? Dommage. Renvoyer dos à dos le cuivre et le Round Up, comme vous le faites, c'est un raisonnement scientifique? Ou une stratégie destinée à masquer les responsabilités de ceux qui formatent l'agriculture en masquant "les côtés sombres" de leur stratégie.
gilles dubois Le 18 août 2018 à 12:13:20
bonjour, je suis tout à fait d'accord arrêtons de provoquer la guerre qui part des bureaux avec des GENS qui ne connaissent rien à part la climatisation les bonnes bouffes la Paye et les AVANTAGES que ces penseurs qui ont créé des nouveaux métiers nous montrent l'exemple pas d'électricité pas de voitures pas d'avions on en parle jamais de leur pollution ?????? pas de bateaux qui fonctionnent au pétrole lourd pas de produits chimiques pas de chasse ni pèche pas de nourriture sous plastique pas d'élevage les animaux dégage du gaz pas de fermiers vive la FRANCE défigurée cdlt
Clavius Le 18 août 2018 à 11:53:49
Superbe tribune et entièrement d’accord de mon point de vue de vigneron Par contre la très bonne tribune de Ferrand est polluée par sa référence à Galilée dont il encourage à lire le procès alors qu’il ne l’a pas lu et qu’il situe au 16eme siècle alors qu’il a eu lieu en 1633 et qu’il n’a jamais prononcé :”eppur si muove » La pièce de Bertolt Brecht s’impose comme vérité historique alors qu’elle n’est que construction à posteriori Galilée veut prouver la rotation de la terre par la théorie des marées ce qui est scientifiquement erroné Etc Lire M.Hesemann Les points noirs de l’Histoire de l’Eglise : instructif pour soutirer de la doxa imposee par les médias ce que justement Ferrand veut dénoncer CQFD
vinel Le 17 août 2018 à 14:21:36
bien raisonné 100% juste
Antoine Le 17 août 2018 à 13:57:21
Il me semble plutot étrange de la part de qui défend " l'innovation et la technologie", de porter un combat d'arrière garde comme celui contre les pesticides... Il y a tout de meme peu de doute sur la nocivité des pesticides sans exception, et que " l'innovation et la technologie" du futur va dans la direction d'essayer de s'en passer le plus possible. dans la vigne en plus à part quelques rares cas de viticulture "hèroique" la lutte contre l'herbe est loin d'etre un problème, et ne justifie certainement la dèfense du gliphosate! Quand aux organismes qui dèfendent la santé, ils savent très bien qu'il n'y pas, ou presque pas d'ètudes, qui contemplent les interactions entre les diffèrents principes actifs autorisés s'ils sont absorbés ensemble comme c'est le cas au quotidien de tous les consommateurs, il y aurait bien à faire pour innover les parcours de décision de ces organismes d'autorisation!!!! Quand au cuivre justement " l'innovation et la technologie" propose chaque année des produits qui font diminuer son usage, les doses, ou meme l'abandonner complètement, meme en bio ( je n'en utilise plus depuis 1996)
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