LE FIL

Après la canicule

Les fortes pluies désaltèrent les vignes du Gard et du Vaucluse

Vendredi 10 août 2018 par Alexandre Abellan

« On voit bien sur ce plantier que l'eau a été absorbée par la vigne » explique Emmanuel Bouchard.« On voit bien sur ce plantier que l'eau a été absorbée par la vigne » explique Emmanuel Bouchard. - crédit photo : Domaine du Val des Rois
Alors que le stress hydrique s’installait, d’importantes intempéries viennent de gorger les sols du Sud-Est au meilleur moment qui soit.

Si les pluies du 9 août ont causé des inondations dévastatrices pour les campeurs du Sud-Est (avec un disparu à date), elles présentent une aubaine d’un point de vue purement viticole. « La pluie est tombée toute la journée, sans vent, sans grêle et sans dégât à part quelques ravinements » pose Emmanuel Bouchard, le président du syndicat des vignerons de Valréas. Alors que les dernières averses remontaient au début juin dans le Vaucluse, « la pluie a été bénéfique dans la majorité des cas. Elle tombe au bon moment, la vigne commençait à souffrir du temps sec et chaud. C’est de l’or qui tombe ! » précise le vigneron, qui a enregistré 100 millimètres de pluie.

En un jour, « il est tombé 80 mm dans le Luberon et 100 mm à Châteauneuf-du-Pape. Il n'y a eu que très peu de grêle, ces pluies sont une bonne nouvelle » renchérit Yves Texier, conseiller viticole à la Chambre d'Agriculture du Vaucluse. « Avec les températures élevées, il commençait à y avoir des blocages de l'évolution de la maturation. Les baies ne se coloraient pas rapidement » ajoute l'expert. Qui met cependant le holà pour la protection des grappes n'ayant pas fini leur véraison : « il y a eu ce millésime un record de présence du mildiou (avec 300 mm de pluies en mai et juin). La pression reste élevée et il faudra sortir les pulvés pour traiter une dernière fois. D'autant plus que des pluies sont annoncées la semaine prochaine. »

"Maturation"

Après la pluie épongeant la soif des vignes, on entend également des soupirs de soulagement dans le Gard. « Avec les fortes chaleurs, on voyait la vigne se mettre en repos. Il avait de l’échaudage dans les coins sensibles » rapporte Xavier Fabre, le porte-parole du Syndicat des Vignerons Gardois. Avec une centaine de millimètres tombés, « l’eau devrait accélérer la maturation, alors que le soleil est annoncé pour les prochains jours. Le début de récolte est prévu pour la fin semaine prochaine dans le sud du département, et commencera plus généralement le 20 » souligne le vigneron.

Impact sur les rendements

« Il y en avait besoin, la vigne commençait à être en stress hydrique. Comme l’an dernier, où l’on avait eu de petits raisins et une petite récolte » témoigne Laurence Michelet, la propriétaire du domaine du Gressac (10 hectares de vignes en IGP Pays du Gard). Surplombant la vallée de la Cèze, son vignoble n’a pas été débordé par la rivière et, à part une coupure d’électricité dans sa cave, aucun dégât n’est à déplorer. « S’il n’y a plus de pluie jusqu’aux vendanges, prévues fin août, cette pluie tombée au bon moment » souligne la vigneronne bio.

Bien absorbées par des sols assoiffés, « ces pluies vont faire du bien à ceux qui ne vendangent pas trop tôt. En faisant grossir les baies, on pourrait peut-être rattraper l’impact du midliou et la coulure du grenache » conclut Emmanuel Bouchard, qui prévoit des vendanges pour fin septembre à Valréas (le grenache étant à mi-véraison).

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