LE FIL

Vins du Beaujolais

La relance passera par Bienvenue en Beaujonomie et Vinexpo Explorer

Vendredi 13 juillet 2018 par Alexandre Abellan

Studieuse, l’assemblée générale du 12 juillet était marquée par la perspective d’un millésime généreux. « Cette année est bizarre tant elle paraît simple… Il n’y a pas de maladies et il y a une belle sortie de raisins. Tous les feux sont au vert » se réjouit Dominique Piron.Studieuse, l’assemblée générale du 12 juillet était marquée par la perspective d’un millésime généreux. « Cette année est bizarre tant elle paraît simple… Il n’y a pas de maladies et il y a une belle sortie de raisins. Tous les feux sont au vert » se réjouit Dominique Piron. - crédit photo : Inter Beaujolais
En 2019, Inter Beaujolais prépare un nouvel évènement œnotouristique et un salon professionnel international, tout en prévoyant une pépinière de jeunes vignerons aux hospices de Beaujeu, une modernisation du label Bistrot Beaujolais…

« Le Beaujolais a manqué de projets pendant des années. Il se passe maintenant quelque chose, notre programme de rebond est bel et bien mis en route » affirme avec confiance Dominique Piron, le président de l’interprofession des vins du Beaujolais (Inter Beaujolais). Il faut reconnaître que lors de son assemblée générale, ce 12 juillet à Lancié, le négociant a présenté pas moins de six projets, s’inscrivant dans la concrétisation du concept de Beaujonomie. Dévoilée en début d’année, cette nouvelle identité doit repositionner les vins du Beaujolais, entre attractivité qualitative des terroirs et convivialité d’une consommation bistronomique.

Consolider cette nouvelle image est l’objectif affiché de l’évènement Bienvenue en Beaujonomie, qui se tiendra dans tout le vignoble les samedi 8 et dimanche 9 juin 2019. Remplaçant la fête des crus, qui tournait depuis 20 ans dans les villages, mais a été annulée en 2018, ce nouvel évènement veut réunir les touristes autour de grandes tablées organisées par des chefs invités dans les propriétés. « On vise une cinquantaine de domaines, châteaux et négociants pour la première édition, qui mettra à l’honneur le partage et les magnums » explique Dominique Piron, qui compte en faire un « évènement de référence » à terme (tous les deuxièmes week-ends de juin).

400 000 € pour Vinexpo Explorer

Pour affirmer son nouveau souffle à l’export, le vignoble du Beaujolais va accueillir l’an prochain la troisième édition du salon ambulant Vinexpo Explorer (après l’Autriche en 2017 et la Californie en septembre prochain). Sont attendus pour deux jours de visites, dégustations et présentations une centaine d’acheteurs et journalistes venus de marchés prioritaires (Canada, Chine, États-Unis, Japon, Royaume-Uni…).

Si la date n’est pas encore fixée, elle devrait se situer au début du mois d’octobre. Soit « entre les vendanges et la sortie du Beaujolais nouveau. C’est une période où la région est belle et active. Et où il n’y a pas de salons internationaux, ce qui permettra d’attirer des visiteurs qualifiés » analyse Dominique Piron. Avec un budget estimé à 400 000 euros, Vinexpo Explorer en Beaujolais sera cofinancé par la cinquantaine d’entreprises qui devraient participer et le plan de soutien de la région.

Hospices de Beaujeu, bistrot Beaujolais et vins d’exception

Moins avancé, le projet de relance du vignoble et des chais des hospices de Beaujeu est désormais acté. Depuis la fin de cette vente aux enchères caritatives, en 2007, le domaine de la Grange Charton n’est plus utilisé à plein régime pour vinifier les 80 hectares de la propriété. Ayant signé un accord de principe, l’hôpital de Beaujeu est intéressé par la création d’une pépinière de jeunes vignerons, qui pourraient utiliser l’infrastructure comme tremplin pendant leurs premiers millésimes. Le dossier devrait commencer à se concrétiser en fin d’année 2018.

À court terme, l’interprofession doit également dépoussiérer son concept de « bristrot Beaujolais », qui distingue actuellement une centaine d’établissements en France et dans le monde pour leurs mises en avant des vins du Beaujolais. L’idée étant de mettre le dispositif en phase avec la Beaujonomie pour relancer rapidement le label.

À moyen terme, Inter Beaujolais prévoit également de soutenir la logique de crus des syndicats viticoles* avec un soutien technique de renouvellement du vignoble. « Il nous faut plus de vins d’exception, c’est vital. Les ingénieurs de la Sicarex et de la chambre d’agriculture doivent renforcer le transfert sur le terrain » pose Dominique Piron.

"Il faudra dix ans"

Pour soutenir ces changements, Inter Beaujolais organise également des formations de management de ses équipes, mais aussi des élus et des entreprises. L’objectif étant d’articuler le plan d’action à toutes les échelles. « Les chiffres s’améliorent un peu tous les jours. On est sur le chemin, il faudra dix ans pour arriver à destination » conclut Dominique Piron, toujours confiant.

* : Qu’il s’agisse de « premiers crus », « pierres dorées » et autres mentions complémentaires type « coteaux ».

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