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Traitements phytos

La France prend la défense du cuivre… à 4 kg/ha

Jeudi 12 juillet 2018 par Alexandre Abellan

« Nous avons un gros chantier à mener pour trouver les voies permettant une réduction de l'utilisation du cuivre sur les productions de tomates et les productions viticoles notamment » reconnaît Stéphane Travert, ce 3 juillet au Sénat.« Nous avons un gros chantier à mener pour trouver les voies permettant une réduction de l'utilisation du cuivre sur les productions de tomates et les productions viticoles notamment » reconnaît Stéphane Travert, ce 3 juillet au Sénat. - crédit photo : Sénat TV
Interpellé par deux sénateurs viticoles, le ministre de l’Agriculture s’est clairement positionné pour la réhomologation européenne du cuivre, et le maintien d’un principe de lissage.

Après des mois de tergiversations, la France prend enfin une position officielle : « le Gouvernement est favorable à la reconduction de l’approbation » européenne du cuivre annonce Stéphane Travert, le ministre de l'Agriculture et de l’alimentation, ce 3 juillet au Sénat. Pris en cisaille par les questions de Daniel Laurent (Charente-Maritime) et Nathalie Delattre (Gironde), respectivement président et vice-présidente du groupe d'étude vigne et vin du Sénat, Stéphane Travert a levé les incertitudes et détaillé la position française sur la bouillie bordelaise.

Prenant comme base de travail la dose maximale de 4 kg par hectare et par an proposée par la Commission Européenne, le ministre demande de « prévoir un lissage pluriannuel dans les cas de cultures pérennes comme la vigne et de permettre un dépassement limité au cours d'une année, à condition que l'apport total ne dépasse pas la quantité maximale permise ».

"6 kg/ha.an"

Une proposition qui ne convient qu’à moitié aux sénateurs du vignoble. Soulagé par le soutien français au cuivre et au lissage, Daniel Laurent assène qu’« actuellement la dose de 6 kg/ha.an lissée sur cinq ans est la seule qui soit soutenue par la profession ». Pouvant s’appuyer sur la forte pression du mildiou connue en 2018, Nathalie Delattre souligne que cette dose « va tout simplement condamner la viticulture biologique, à Bordeaux et ailleurs, les années de pluie et au-delà ».

Peu sensible à la demande des 30 kg lissés sur cinq ans, Stéphane Travert souligne que le cuivre « est persistant dans l'environnement et toxique ». S’appuyant sur le rapport de l’INRA sur les difficultés à trouver des alternatives à court terme, le ministre demande de « favoriser sa substitution partout où c'est possible » et réclame que « les travaux doivent s'accélérer pour réduire son utilisation en protection des cultures ».
 

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