LE FIL

Etiquetage des vins

Jérôme Despey demande au ministère de revoir sa position

Mardi 10 juillet 2018 par Marion Sepeau Ivaldi
Article mis à jour le 11/07/2018 11:25:56

Jérôme Despey, président du Conseil spécialisé vin de FranceAgriMer appelle à ce que les étiquettes de vin portent clairement leur pays d'origine.Jérôme Despey, président du Conseil spécialisé vin de FranceAgriMer appelle à ce que les étiquettes de vin portent clairement leur pays d'origine. - crédit photo : Marion Sepeau Ivaldi
Réagissant aux révélations sur les fraudes portant sur des vins rosés importés d’Espagne, le président du conseil spécialisé des vins de FranceAgriMer appelle le gouvernement à soutenir l’amendement sur l’étiquetage de l’origine des vins.

« Je pense que cela suffit et qu’il est urgent que l’on puisse avoir un étiquetage sur le produit ! » martèle Jérôme Despey, président du conseil spécialisé des vins de FranceAgriMer. Ce dernier appelle le ministère de l’Agriculture à revoir son opinion sur l’amendement déposé par Philippe Huppé concernant l’étiquetage des vins. Le texte rend obligatoire la lisibilité de l’origine des vins sur les étiquettes ainsi qu’une mention claire de celle-ci sur les lieux de restauration. Le texte a été approuvé par l’Assemblée nationale mais retoqué par le Sénat. Il doit être réétudié ce 10 juillet en Commission mixte paritaire.

"Mieux vaut tard que jamais"

Les révélations sur les fraudes parues dans la presse le 9 juillet ont été accueillies avec satisfaction par les représentants professionnels. Mais, ils ne manquent pas de relever qu’elles arrivent avec lenteur. « Mieux vaut tard que jamais ! » réagit Xavier Fabre, leader du Syndicat des vignerons du Gard (SVG), qui précise que le début de l’année, pas moins de 6 plaintes ont été déposées par ses membres concernant des étiquetages inadéquats. Quant à Jérôme Despey, il souligne qu’il « espère que ces affaires iront jusqu’au bout, devant les tribunaux ! ».

 

Jacques Gravegeal : "remettre l'affaire dans son contexte"

Interrogé sur les révélations sur ces fraudes, le président de l'ODG Pays d'Oc tient à remettre les choses dans leur contexte. "Il s'agit de 70 000 hl pour 4 millions d'hl de vins rosés produits en France annuellement." Les volumes concernés sont donc faibles par rapport à ce que produit la France : l'affaire n'a pas de quoi à jeter le discrédit sur l'origine France, insiste Jacques Gravegeal. Ce dernier s'interroge parralèlement sur la lenteur de traitement de ces fraudes. "Le premier constat de fraude a été fait le 28 décembre 2016. J'ai pu retrouver la même fraude, il y a quinze jours à côté de chez moi. Pourquoi cela continue ?" se désespère-t-il. 14 dossiers ont été déposés auprès des fraudes (Ndlr : leur recevabilité n'est pas validée pour tous). "Nous avons fait le nécessaire !".

Enfin, le président des Pays d'Oc s'interroge toujours sur comment la filière espagnole parvient à trouver une rentabilité avec des prix de 50 % moins chers que ceux Français et des rendements tout aussi inférieurs. Le mystère n'est, en effet, toujours pas éclairci.

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