LE FIL

Jean-Benoit Cavalier

« Nous visons les 150 €/hl dès l’an prochain »

Vendredi 29 juin 2018 par Michèle Trévoux

Jean-Benoît Cavalier, président de l'AOC Languedoc : 'Aujourd’hui l’arc méditerranéen qui s’étend des portes du Gard jusqu’au milieu de l’Espagne concentre 85% de la biodiversité européenne. C’est un atout considérable pour notre région.'Jean-Benoît Cavalier, président de l'AOC Languedoc : 'Aujourd’hui l’arc méditerranéen qui s’étend des portes du Gard jusqu’au milieu de l’Espagne concentre 85% de la biodiversité européenne. C’est un atout considérable pour notre région.' - crédit photo : DR
Le président de l'appellation Languedoc revient sur les principaux sujets de réflexion en cours en marge de l'assemblée générale de l'ODG qui s'est tenue le 27 juin au Mas de Saporta.

Concernant le marché vrac de l’AOC Languedoc, quelles sont les orientations que vous défendez ?

Le prix de l’AOC Languedoc vendu en vrac a fortement progressé ces dernières années : en 3 ans, le cours est passé de 105 à 140 €/hl. Mais si on veut installer une viticulture véritablement durable et assurer un revenu pérenne aux producteurs, ce n’est pas encore suffisant. Dans le contexte de production de nos AOC en Languedoc, il faut atteindre dès l’an prochain un cours moyen de 150 €/hl pour garantir la viabilité de nos exploitations. Cet objectif ne concerne pas seulement l’AOC Languedoc, mais toutes les AOC du Languedoc. Les metteurs en marché ont conscience de cette réalité économique.

A la veille du renouvellement de la présidence du CIVL (NDLR : c’est au tour du négoce de prendre la présidence), il faut que nous travaillions plus en synergie avec nos partenaires négociants pour faire progresser le marché de l’AOC Languedoc. A ce jour, les volumes de transactions de rosé sont en progression de 39% par rapport à la campagne précédente.  La semaine prochaine, nous nous réunissons avec les metteurs en marchés pour faire le point sur les tendances du marché et préparer la prochaine campagne. Nous en informerons les producteurs pour que chacun ait une vision globale du marché et puisse orienter au mieux sa production pour le millésime 2018.

Vous avez également abordé le thème de la communication digitale ? Quels sont les ambitions de l’AOC Languedoc en la matière ?

La communication digitale revêt désormais une importance capitale dans notre communication, car elle permet de toucher directement le consommateur. A travers les réseaux sociaux,  le syndicat communique essentiellement sur nos événements et sur nos pratiques culturales ou de vinification. Les consommateurs sont très curieux et veulent savoir comment nous produisons nos vins. Nous souhaitons échanger avec les producteurs, recueillir leur avis sur la communication déjà en place et les moyens de l’améliorer et savoir ce que les domaines font de leur côté pour être présents sur les réseaux sociaux. Certains sont très à l’aise avec ces pratiques, d’autres moins. Pour ceux-là, il y a un travail d’apprentissage que nous devons accompagner.

En début d’année, vous avez annoncé votre volonté d’intégrer des mesures agro-environnementales dans votre cahier des charges. Où en êtres vous de ce projet ?

Le processus est engagé, nous avons identifié sept mesures phares que nous souhaiterions intégrer dans notre cahier des charges. Elles concernent essentiellement le sol, car c’est un élément clé de notre terroir. A ce titre,  Il faut le respecter et le protéger. Mais c’est également un enjeu dans le contexte du changement climatique. Le travail du sol favorise une meilleure gestion de l’eau : meilleure captation de l’eau de pluie, limitation de l’évaporation,  maintien d’humidité en profondeur. En adoptant de bonnes pratiques, on peut tamponner les effets du changement climatique.  Ce travail est en cours, mais il doit être mené en concertation avec les dénominations régionales qui, elles aussi, doivent faire évoluer leurs cahiers des charges, si l’on veut maintenir les possibilités de repli. Certaines de ces appellations comme Cabrières, Pic Saint Loup, Montpeyroux, la Clape ou les Terrasses du Larzac ont déjà fait voter en assemblée générale l’introduction de quelques mesures agro-environnementales comme l’interdiction du désherbage dans le rang, l’entretien mécanique un rang sur deux ou l’interdiction du paillage plastique. La démarche est donc engagée, il faut la poursuivre, convaincre nos adhérents pour arriver à un consensus. C’est un travail de longue haleine. 

Biodiversité et terroir constitue le premier thème de réflexion de cette assemblée générale. Quels sont les enjeux pour l’appellation Languedoc ?

C’est un thème majeur de notre réflexion. Aujourd’hui l’arc méditerranéen qui s’étend des portes du Gard jusqu’au milieu de l’Espagne concentre 85% de la biodiversité européenne. C’est un atout considérable pour notre région, mais c’est également une responsabilité énorme. Nous avons engagé une réflexion avec l’aide du CEN (Conservatoire des espaces Naturels)  pour déterminer les mesures qui sont favorables à cette biodiversité et voir comment on peut les intégrer dans nos pratiques culturales. Des groupes de travail ont été mis en place sur le terrain dans les différents terroirs pour impliquer les vignerons de l’appellation. Que ce soit les techniques de nettoyage des fossés, l’entretien des lisières ou la plantation de haies…  Il y a des techniques qui améliorent la biodiversité, il faut que les vignerons les connaissent et qu’ils apprennent à avoir les bons réflexes. 

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