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Plus de réserves

L'INAO valide la hausse du VCI

Lundi 25 juin 2018 par Bertrand Collard
Article mis à jour le 26/06/2018 15:21:12

L'INAO valide la hausse du VCI
- crédit photo : DR
Les AOC pourront mettre jusqu'à 50 % d'une récolte en réserve sous forme de VCI, pour pallier les mauvaises récoltes. Une décision saluée à Bordeaux.

Le 20 juin, le comité national des vins AOC de l’INAO a voté en faveur de l’augmentation du volume complémentaire individuel (VCI). Le volume maximum pouvant être mis en réserve passe ainsi de 30 à 50 % du rendement de base d’une appellation, un plafond qui ne peut être atteint au mieux qu’en trois ans. Et le volume de réserver qu’un producteur sera autorisé à constituer au maximum chaque année passera 10 à 20 % du rendement annuel.

La décision avait presque été prise le 15 février dernier, mais retardée à cause de l'administration. Le comité a également voté en faveur d'un dispositif pour permettre aux vendeurs en raisin de constituer une réserve chez leur acheteur. Une mesure demandée par les Alsaciens. Il s'agit d'un mandat que le producteur donnera au vinificateur pour constiuter puis pour libérer la réserve, sachant qu'il en reste propriétaire tant qu'il ne l'a pas vendue.

"Renforcer la résilience"

Dans un communiqué du 21 juin, le préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, Didier Lallement, et le président du comité régional de l'INAO Aquitaine, Bernard Farges, ont salué ce changement, qui doit toutefois être entériné par les appellations. « Cette décision permettra de renforcer la résilience des exploitations face aux aléas climatiques et à leur récurrence, en jouant un rôle équivalent à celui d'une assurance récolte », ont-il estimé dans un communiqué commun.

Le VCI pour les vins liquoreux, qui n'existait pas jusque-là, sera expérimenté dans les appellations Monbazillac (Dordogne), Sauternes et Barsac (Gironde). Ces décisions du comité national de l'Inao devront s'accompagner de modifications des décrets avant de pouvoir être appliquées.

Grêle & gel

Lors du dernier week-end de mai, de violents orages de grêle ont dévasté près de 7.100 hectares de vignes dans le Bordelais et plus de 10.000 ha dans le bassin Charente-Cognac.

En avril 2017, le gel avait touché quelque 60.000 hectares de vignes en Gironde, réduisant de 40% la récolte. Sur l'ensemble du territoire français, les volumes ont baissé de 19% en raison des aléas climatiques.

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VOS RÉACTIONS
VignerondeRions Le 24 octobre 2019 à 17:39:08
A l'attention de Craoux, le VCI permet de faire une réserve les bonnes années pour parer aux mauvaises, il n'y a pas de soucis de traçabilité puisque si vous avez 10 hl / HA de réserve de 2016 que vous gelez en 2017 les 10 Hl débloqués restent du 2016. Vous réintégrez obligatoirement l'année précédente, si je n'ai pas besoin de mon VCI 2016 en 2017, je vends le 2016 et je bloque l'équivalent de 2017. Il n'y a pas de problème de traçabilité, et cela permet aux viticulteurs de ne pas jeter une bonne année (dans la limite du rendement butoir) pour pleurer l'année d'après et cela ne coûte rien à personne. C'est du bon sens de s'adapter à la nature, et si le bon sens ne redore pas le blason des AOC alors il n'y a plus d'espoir.
craoux Le 22 octobre 2019 à 15:11:16
A quoi sert un cahier des charges AOP si le VCI est activé ? ... Considérant ce dispositif d'exception, on ne peut que s'interroger sur la sincérité des déclarations qui seront relatives à la traçabilité, à l'étiquetage d'un millésime N qui aura été dopé au millésime N-2 ou N-1 ? .. Qui peut croire sérieusement qu'il est possible de contrôler une aussi belle invention Shadock ! Ohé les syndicats ? vous ne vous moquez pas un peu de nous ? Avec le VCI, la filière a malheureusement consacré le fait qu'on peut déconnecter la gestion (apparemment) rigoureuse d'une AOP de sa réelle valeur intrinsèque (effet millésime). Si ce qui prime désormais est prioritairement la régulation de l'offre, il n'est pas certain que ça redore le blason des appellations.
bourvil Le 21 octobre 2019 à 15:24:21
Vu les aléas climatiques et météorologiques c'est une très bonne décision.
VignerondeRions Le 05 juillet 2018 à 17:05:05
C'est en soit une bonne décision, notre syndicat viticole souhaitait le mettre en place en 1997 car nous avions encore les effets et souvenir du gel de 1991. 20 ans pour faire avancer les mentalités à l'INAO... Je crains que nous soyons un peu en retard. A ce stade ce n'est plus tant les vignerons qu'ils veulent sauver, mais les AOC qui sont leurs raisons d'être. Il faudrait quand même que l'INAO fasse sa révolution culturelle parce que sinon ils vont disparaître avec nous et il a encore beaucoup de choses à faire évoluer très rapidement. Ne jamais chiffrer les exigences des CDC est par nature l'exemple type de la non prise en compte des critères économiques, in-finé de la viabilité ou non des modèles économiques de la production d'AOC, donc de leur existence même.
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