LE FIL

Jeux de ballons

Vendredi 22 juin 2018 par Alexandre Abellan

Jeux de ballons - crédit photo : DR

Avec la coupe du monde de football en Russie, la mode est aux éditos filant la métaphore footballistique sur les sujets les plus divers et variés. D’un ballon à l’autre, appliquons l’exercice à la défense de la culture du vin ! En la matière, l’équipe de France dispose d’une équipe aussi riche que diverse dans son attaque. Réelles, ses prétentions au titre sont soutenues par une réputation et une expérience qui en font toujours une référence à l’international. Mais ses performances à domicile sont, si ce n’est sabotées, du moins pénalisées par son staff médical, qui marque avec constance et obstination contre son camp. En témoigne une consommation hexagonale toujours décroissante pour la dive bouteille, alors qu’elle devient explosive avec la mode de la biture express (ou binge drinking).

Avec le soutien de l’arbitre, le gouvernement et ll'administration qui se rendent compte du prestige et du poids économique de cette équipe, le coach semble prêt à pouvoir changer de tactique. N’étant plus dans la pure défense, mais dans la construction d’un jeu collectif. Attendu cet été par Matignon, le projet de plan de prévention des consommations à risque (visant les femmes enceintes et les jeunes) a le potentiel de changer le match, en créant une synergie entre les communications de la filière vin et des politiques de santé.

Il serait temps ! Faisant également face à des pressions prohibitionnistes, l’Espagne a posé dans une loi de 2003 sur la vigne et le vin les bases d’un soutien gouvernemental à la consommation responsable, en 2012 l’état Argentin a fait du vin sa boisson nationale, etc. En 2014, la France a voté une loi intégrant le vin à son patrimoine culturel (au même titre que les bières, cidres, poirés…), un soutien bien faible, alors que la loi Évin pèse toujours sur l’expression du vignoble (contrairement aux plaintes lancinantes des lobbies abstentionnistes).

La coupe du monde témoigne de cette auto-censure, comme le champagne Taittinger qui le tait sur la marché national pour éviter un nouveau procès. Ubuesque, le champagne Castelnau ne peut également pas se présenter comme un sponsor du tour de France, mais de l’organisateur d’une fameuse course cycliste… Soit le tour de France, un autre évènement sportif qui pourrait être mis à contribution pour un édito sur les forçats du vignoble...

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