LE FIL

Changement climatique

Les vins IGP veulent innover à tout prix

Lundi 18 juin 2018 par James Huet

Vins IGP en congrès le 15 juin Golf-Hôtel de Barbaroux dans le VarVins IGP en congrès le 15 juin Golf-Hôtel de Barbaroux dans le Var - crédit photo : James Huet
Pour s’adapter au changement climatique et à la pression environnementale, la confédération des vins à Indication Géographique Protégée de France demande aux pouvoirs publics de pouvoir adopter de nouveaux cépages sans complications quant à la justification du lien à l’origine.

C'est à Brignoles dans le cadre verdoyant du Golf-Hôtel de Barbaroux dans le Var que s'est tenu le congrès annuel de la confédération des vins IGP de France. Thème central : comment adapter la production des vins IGP aux évolutions climatiques et environnementales de demain. Vaste sujet abordé par lors d’une table ronde, animée par Patrice Maggio, journaliste à Nice Matin.

Hervé Hannin, directeur du développement de l'Institut des Hautes Études de la Vigne et du Montpellier SupAgro, a d'abord évoqué les signes du changement climatique : l'augmentation de la température moyenne (+ 1,4 % France depuis la fin du 19ème siècle), la modification de la pluviométrie, la hausse de la variabilité climatique... Il a ensuite détaillé les impacts sur la vigne et le vin. De l'avancée des dates de vendange aux stress hydriques récurrents qui modifient les caractéristiques des vins (degré d'alcool, acidité, arômes...).

"30 cépages étrangers autorisés "

Pour l'heure, la profession admet que l'avenir passe par l'innovation, variétale notamment. A l'image de Jean-Pierre Van Ruyskensvelde, directeur général de l'Institut Français de la vigne et du vin (IFV) : « Il existe de nouveaux cépages résistants au mildiou et à l'oïdium et d'autres mieux armés pour affronter la sécheresse. Une trentaine de variétés étrangères, d'Europe du Sud surtout, ont été inscrites au catalogue national. »

Préoccupation de taille : « comment justifier le lien à l’origine des cépages étrangers et autres variétés résistantes ? note Christelle Jacquemot, directrice de Vins IGP. Pour introduire de nouvelles variétés dans nos cahiers des charges, il faudra expliquer en quoi l’origine géographique contribue à leurs qualités spécifiques. Aussi, la confédération va-t-elle demander aux pouvoirs publics (INAO et commission européenne) de faire preuve de souplesse au niveau de la réglementation. »

Réduction des intrants

Vins IGP a prévu de signer une convention avec l’IFV pour qu'il fournisse une assistance technique aux ODG des IGP le désirant. Et ce, afin de trouver les bons arguments pour justifier l’introduction de nouveaux cépages dans leurs cahiers des charges.

Autre sujet commenté par le directeur général de l'IFV, « la diminution rapide de l'utilisation de substances comme le glyphosate ou le cuivre. » Pour mémoire, le plan d'action de sortie de la dépendance aux pesticides prévoit une réduction de 50 % des produits phytos d'ici 2025.

Egalement évoqué, l'épineux problème de l'eau. « Il n'y a pas de compétivité sans rendement, a expliqué Guillaume Benoit, ingénieur général des Ponts, Eaux et Forêts. Et sans eau, pas de rendement. Seulement, cette eau, il va falloir apprendre à la gérer ! »

Préservation de la PAC

En fin de réunion, João Onofre, chef de l'unité Vin à la direction générale de l'Agriculture de la Commission Européenne, a précisé que « les principes de la réforme de 2008 seraient préservés et que la nouvelle Politique Agricole Commune continuerait à accompagner la filière viticole. »

Mais sans garantir pour autant la reconduction des budgets actuels, ladite PAC n'étant pas encore bouclée. « A l'avenir, si ça ne marche pas, tournez-vous plutôt vers Paris, pas vers Bruxelles ! » a-t-il conclu ironiquement. La profession, quant à elle, réclame « juste » le maintien de ces aides. Affaire à suivre...

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