LE FIL

Trop de pluies, sols détrempés...

Les pépiniéristes inquiets du report important des plantations

Jeudi 14 juin 2018 par Juliette Cassagnes
Article mis à jour le 20/06/2018 11:58:27

Les chantiers de plantations mécaniques ne peuvent pas être réalisés à cause des sols trop humides ou inondésLes chantiers de plantations mécaniques ne peuvent pas être réalisés à cause des sols trop humides ou inondés - crédit photo : DR
Les fortes précipitations de l'hiver puis du printemps empêchent le bon déroulement des chantiers de plantations, obligeant à des plantations manuelles ou à des reports de chantiers.

« C'est une année abominable. Beaucoup ont abandonné la machine pour planter à la main », témoigne Giovanni Varelli, pépiniériste en Vaucluse... Outre le mildiou et les difficultés de passer dans les vignes pour pouvoir traiter, le printemps 2018 très pluvieux a aussi pour conséquence d'empêcher le bon déroulement des plantations dans de nombreux vignobles: Aquitaine, Sud-Ouest, Languedoc et même Paca.

Les terrains trop humides sont devenus impraticables, empêchant le passage des machines. Une partie des chantiers réalisés actuellement le sont donc à la main, demandant beaucoup de temps et de manutention supplémentaires, car nécessitant notamment de recouper les racines. Dans des cas encore pires, les sols sont trop gorgés d'eau ou inondés: les jeunes plants risquent donc l'asphyxie. Conséquence : les vignerons préfèrent repousser, quand ce n'est pas reporter à l'année suivante, leur projet de plantation en attendant que les sols se ressuient.

Un mois de juillet intense

Les pépiniéristes des différentes régions accusent donc à ce jour des retards importants dans leurs livraisons : « Il pleut tous les jours, c'est très compliqué...J'ai à peine livré 30000 plants sur un total de 150000 à planter cette année, témoigne Michel Bador, pépiniériste en Armagnac. Je n'arrive à faire que des plantations ponctuelles et à la main ». « Nous avons environ 20% de plants concernés par des reports, qui attendent dans des frigos, s'inquiète Eric Bourguet, président du syndicat Occitanie. Cela va poser des problèmes de trésorerie pour les pépiniéristes ». En Aquitaine, ce taux de plants non livrés est estimé en moyenne à 30%, et certaines entreprises en sont tout juste à la moitié de leur livraison... « Je veux espérer qu'il n'y ait pas d'annulation de commande... Il faut 1 an et demi pour produire un plant », rappelle David Amblevert, président du syndicat régional.

"Le retour à un temps sec"

Les fortes précipitations ont aussi des conséquences sur la production des pépiniéristes eux-mêmes : les vignes-mères et les jeunes plants, qui doivent eux-aussi être traités pour les protéger du mildiou ou de la cicadelle de la flavescence dorée, doivent être actuellement faits à la main, au pulvérisateur à dos. « L'état sanitaire vis-à-vis du mildiou est préoccupant », indique Giovanni Varelli.

"Juillet va être intense, si..."

Mais cette situation « très inquiétante » n'est pas désespérée pour autant : les prévisions météo semblent annoncer le retour d'un beau temps fixe pendant une dizaine de jours, leur laissant envisager de rattraper une partie du retard. Les pépiniéristes comptent aussi fermement sur le mois de juillet, tout au moins la première quinzaine, pour pouvoir planter tardivement : « Les sols sont frais et humides cette année, cela devrait être possible », indique Eric Bourguet. « Juillet va être intense si les conditions météo sont bonnes !», prédit David Amblevert.

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