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Aléas climatiques

Comment réagir après la grêle ?

Mardi 05 juin 2018 par Juliette Cassagnes

Une vigne endommagée par la grêle ne doit pas systématiquement être retaillée : c'est le cas si tous les fruits sont détruits et que les rameaux sont éclatés et pelés jusqu'à leur baseUne vigne endommagée par la grêle ne doit pas systématiquement être retaillée : c'est le cas si tous les fruits sont détruits et que les rameaux sont éclatés et pelés jusqu'à leur base - crédit photo : L Bouet
Après les nombreux dégâts liés aux orages de grêle précoce dans les différents vignobles, voici des conseils sur les opérations à conduire, qui doivent permettre de bons aoûtement des bois et mise en réserve.

L'IFV Sud-Ouest fait le point sur les bons gestes à adopter sur une vigne ayant été grêlée au printemps : « La retaille de la vigne s'impose si les toutes les inflorescences ont été détruites et que les rameaux sont éclatés et pelés jusqu'à leur base », indique l'institut technique, sur son site internet. Cette invention permet en effet de favoriser la repousse de sarments « corrects » et aoûtés qui serviront de supports à la prochaine taille hivernale. Le moment le plus adapté pour cette retaille : le plutôt possible après la grêle. Il est aussi préconisé de l'arrêter 15 jours après la grêle « pour ne pas créer un second stress à la plante ». 

En cas de dégâts partiels en revanche, il est inutile de faire tomber les pousses endommagées : « Si les rameaux herbacés ne sont ni éclatés ni pelés et qu'il reste des inflorescences intactes, il est inutile de retailler, le développement des entre-coeurs contribuera au renouvellement de la végétation ».

Concernant la façon proprement-dite de retailler, l'objectif consiste à maintenir « 4 à 5 pousses par souche ». La méthode diffère ensuite en fonction du mode de taille : pour le cordon ou le gobelet, il faut sectionner les rameaux à un demi centimètre au-dessus du courson ; pour le Guyot, il faut rabattre les longs bois en laissant 2 ou 3 yeux à leur base et rabattre les pousses vertes à un demi centimètre.

Pas de fertilisation nécessaire

Une vigilance doit aussi être portée sur l'épamprage : il faut veiller à garder les gourmands bien placés pour la taille. Par ailleurs, il est déconseillé d'ébourgeonner. Le développement de la végétation doit aussi être surveillé ; pour éviter la casse, elle doit être palissée le plus soigneusement possible.

En terme de protection phytosanitaire, l'IFV rappelle qu'aucun produit n'a de pouvoir cicatrisant. Par ailleurs, seules les parcelles présentant encore des organes verts - feuilles et inflorescences - sont à risque élevé vis-à-vis des maladies (mildiou, rot blanc, oïdium) du fait du développement anarchique à venir. Afin de protéger cette végétation restante des futures contaminations, il faut donc les traiter rapidement après la grêle. Les autres parcelles « nues » ne nécessitent en revanche aucune intervention.

Enfin, il faut savoir qu'une fertilisation au sol ou foliaire ne présentent pas d'intérêt dans l'immédiat. La vigne est affaiblie, son métabolisme réduit et l'azote ne serait pas disponible au moment du redémarrage des yeux ; cela pourrait même accentuer la casse mais aussi les risques de botrytis...

Pour aller plus loin, c'est par ici.

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