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Sud-Est

Des pluies qui font du bien... aux nappes phréatiques

Jeudi 31 mai 2018 par Juliette Cassagnes

Le printemps très pluvieux de 2017 a permis de rattraper (en grande partie) l'important déficit des réserves en eau qu'il y avait dans le Sud-EstLe printemps très pluvieux de 2017 a permis de rattraper (en grande partie) l'important déficit des réserves en eau qu'il y avait dans le Sud-Est - crédit photo : Pixabay
Après une période de sécheresse intense en 2017, la situation de la ressource en eau s'est nettement améliorée sur le bassin Rhône-Méditerranée, en particulier sur la région Paca, l'Hérault et l'Aude où les niveaux sont désormais proches ou supérieurs aux normales saisonnières.

En Provence, la météo est véritablement passée d'une extrémité à l'autre : de mai à novembre 2017, le déficit pluviométrique enregistré sur les 25 stations météos de la région a été de -67% par rapport à la normale*, soit la pire sécheresse connue depuis 50 ans. Mais le printemps 2018 a quant à lui battu des records de pluies : il est tombé 289 mm d'eau de mars à mai, soit un excédent de +64%. Il s'agit, selon le Cirame, d'une situation « très exceptionnelle, car depuis 1964, seules 2 années avaient connu plus, 1971 et 2013 ».

« On se croirait en Normandie, la campagne est toute verte », témoigne Joël Bouscarle, vigneron dans le Vaucluse. Cela faisait longtemps que l'on n'avait pas vu cela !  Mais la bonne alimentation en eau de ce printemps nous permet d'aborder l'été avec sérénité ». Dans ce département, l'amélioration des indicateurs hydrologiques ont conduit à l'annulation du comité sécheresse. Dans son dernier bulletin de situation hydrogéologique, le BRGM (bureau de recherches géologiques et minières) indique désormais des niveaux « normaux » ou « modérément haut » des nappes pour la Provence au 1er mai 2018.

Des situations où les niveaux de réserves sont encore bas

Côté Languedoc, le scenario est similaire. Dans l'Hérault par exemple, les pluies tombées depuis janvier 2018 jusqu'à avril ont été « très excédentaires », avec en moyenne 540 mm d'eau enregistrées sur les 8 stations du département, après un automne très déficitaire jusqu'à décembre 2017. Les nappes sont à ce jour suffisamment rechargées, avec des niveaux désormais qualifiés de « normaux » ou « d'excédentaires ». « Les niveaux des aquifères karstiques des régions de Montpellier et de Nîmes sont désormais stables mais assez hauts pour cette période de l’année », indique le BGRM. Dans cette région, seul le Roussillon présente des niveaux encore « assez bas », n'ayant pas bénéficié d'épisodes pluvieux suffisants pour générer la recharge attendue.

"Adieu sécheresse, bonjour mildiou"

Même constat dans la Vallée du Rhône : le cumul de pluie n'a sur certains secteurs pas été suffisant. Les niveaux restent moyens, voire bas par rapport aux moyennes : « Les aquifères de la vallée du Rhône, tout particulièrement en aval de Lyon, présentent des niveaux qui sont en hausse progressive mais qui, pour beaucoup d’entre eux, sont bas, à cause d’un cumul de pluie faible sur le début d’année ». Deux arrêtés « niveau Alerte sécheresse » ont ainsi été pris en avril 2018 dans la Drôme et le Rhône... A titre de comparaison, l'an dernier à la même date, 12 départements avaient mis en place ces mêmes arrêtés.

Ces niveaux devraient néanmoins être suffisants pour alimenter correctement la vigne jusqu'au vendanges : « Je pense que les réserves seront suffisantes pour une bonne partie de l'été », estime Maud Bonnefoux, de la Chambre d'agriculture sud-Ardèche, où il est tombé 600 mm de pluies depuis janvier, soit le double de la normale.

Le revers de la médaille: les vignerons sont désormais plus préoccupés par des problèmes de mildiou que de sécheresse...

(*La normale est calculée à partir de la moyenne entre 1981 et 2010)

Illustration: A gauche, la situation des nappes au 1er janvier, à droite, celle au 1er mai...Il reste deux secteurs où le niveau reste bas, dans le couloir rhodanien et dans le Roussillon

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