LE FIL

Recrutement

« Pour en avoir 10 saisonniers, j’en embauche 15 »

Lundi 28 mai 2018 par Patrick Touchais

Bruno Bersan, vigneron saumurois exploite 12 ha et entretient en prestation une centaine d’ha. Bruno Bersan, vigneron saumurois exploite 12 ha et entretient en prestation une centaine d’ha. - crédit photo : Patrick Touchais
Confronté, comme ses collègues ligériens, à une pénurie de main d’œuvre, ce vigneron saumurois recherche encore des saisonniers pour les travaux de printemps.

« J’ai besoin de 10 personnes. J’en compte 6 aujourd’hui ». D’une phrase, Bruno Bersan résume son problème du moment. Ce vigneron saumurois (12 ha à Souzay-Champigny) a poussé un coup de gueule sur facebook il y a quelques jours, s’indignant du décalage entre le chômage massif en France et la difficulté à recruter des saisonniers pour les ébourgeonnages et le palissage. Et, il n’est pas le seul – loin s’en faut – dans le vignoble d’Anjou-Saumur.

"Cela occupe les deux tiers de l’emploi du temps de ma femme "

« J’ai quelques fidèles entre la taille et les travaux de printemps, mais pour le reste, j’ai fait appel à un groupement d’employeurs, sans succès ; puis à une agence d’intérimaire, qui m’a trouvé une personne. Je ne parle pas de Pôle emploi… Et c’est sans compter sur les abandons. Pour avoir l’équivalent de 10 personnes à travailler, il faut en embaucher 15. En ce moment, tout cela occupe les deux tiers de l’emploi du temps de ma femme », détaille le vigneron, qui au-delà de son domaine, assure l’entretien d’une centaine d’hectares dans des exploitations voisines via sa société de prestations de services. A ce rythme, les travaux vont se poursuivre jusqu’à fin juillet.

« Sur cette activité, je me retrouve en concurrence avec des entreprises étrangères. Depuis quelques années, on avait des propositions de mise à disposition de main d’œuvre roumaine ou polonaise. Cette année, il y a des Marocains et des Kenyans », souligne Bruno Bersan. « Je ne suis pas du tout compétitif. Ils ont des charges bien inférieures aux miennes ».

"Promouvoir nos métiers"

 Au-delà du constat du moment, dans une saison particulièrement dense, le vigneron souhaite une implication de la filière sur ce sujet. « On est nombreux cette année à rechercher du monde. On doit donc réfléchir ensemble à ce problème de main d’œuvre. Au sein de la viticulture, parce qu’on n’a pas fait le travail nécessaire pour promouvoir nos métiers ; puis, avec les politiques pour adapter la politique sociale. Ça me fait toujours bizarre de voir des demandeurs d’emploi inoccupés dans ma commune alors qu’on est plusieurs vignerons à rechercher de la main d’œuvre ».

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