LE FIL

Campagne viticole

Les 10 commandements de l'opérateur phyto idéal

Mardi 15 mai 2018 par Alexandre Abellan

Base de toute réflexion de traitement, l’observation sur ses parcelles de symptômes doit reposer sur une centaine de feuilles ou de grappes, choisies au hasard.Base de toute réflexion de traitement, l’observation sur ses parcelles de symptômes doit reposer sur une centaine de feuilles ou de grappes, choisies au hasard. - crédit photo : EPhytia
Alors que les risques de première contamination au mildiou (et au black-rot) augmentent avec les actuelles dégradations pluvieuses et que les vignes sont, dans l’ensemble, désormais réceptives à l’oïdium, l’IFV donne l’occasion de réviser les bonnes pratiques de traitement du vignoble.

Énumérant « les 10 règles d’or de la protection du vignoble dans le cadre de la transition écologique », la dernière plaquette de l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) rappelle les bonnes pratiques élémentaires pour optimiser ses traitements phyto. C'est une évidence, mais toute décision d’épandage doit ainsi reposer sur la connaissance des principaux ravageurs de la vigne, et de leurs symptômes le long de la campagne. L’IFV pose comme première règle de savoir reconnaître quatre maladies cryptogamiques (black rot, botrytis, mildiou et oïdium) et quelques insectes (Scaphoideus titanus pour la flavescence dorée, eudémis et cochylis pour les tordeuses). Les techniciens 2.0 pouvant s’aider dans leurs diagnostics de l’application Di@gnoplant Vigne (disponible sur Apple Store et Google Play).

La deuxième règle proposée par l’IFV est d’exercer régulièrement ses connaissances théoriques sur les parcelles. L’observation devant se concentrer sur celles les plus sensibles historiquement. Cette surveillance des feuilles et grappes devant être couplée à la lecture hebdomadaire du Bulletin de Santé du Végétal propre à son bassin viticole. Le troisième conseil de l’IFV est de mettre à profit ses outils de modélisation du risque sanitaire. Baptisée « Potentiel Système », cette plateforme en ligne calcule le risque de développement du mildiou, de l’oïdium et du black rot en fonction des données climatiques du millésime. En ce début de campagne, cet outil cartographie par exemple la maturité des œufs d’hiver.

Modalités de traitement

Au vu du nombre de sites spécialisées suivis par un seul vigneron pour ne pas être surpris par le mauvais temps, la quatrième règle de l’IFV tient de la lapalissade. Ce qui n’empêche pas l’institut technique d'affirmer une évidence : les vignerons doivent tenir compte des prévisions météo pour traiter. « Si la pluie est annoncée, il faut traiter en préventif avant. Traiter au moment de la journée où le vent est le moins fort permet d’éviter la dérive et d’appliquer de manière ciblée les produits » conseille l’IFV. La règle n°5 conseille d’utiliser le service Optidose de l’IFV pour adapter les volumes de produit épandus à l’hectare. Ces réductions dépendant du « stade phénologique, du développement de la végétation, de la pression parasitaire et de la sensibilité parcellaire ».

Le sixième conseil est quant à lui un rappel à la réglementation, l’IFV rappelant que les distances de Zones Non Traitées (ZNT) dépendent de l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) de chaque produit (pouvant aller de 5 mètres à plus de 100 m). La septième bonne pratique est d’alterner les matières actives pour éviter l’émergence de résistances des champignons. « D’une manière générale, il est fortement recommandé de veiller à ne pas utiliser systématiquement le même produit » rappelle l’IFV (cliquer ici pour le dernier point sur les résistances des maladies de la vigne en 2018).

"Bon réglage de la pulvérisation"

La huitième règle est de se conformer à l’obligation de contrôle quinquennal de ses appareils de pulvérisation. Sachant que « ce contrôle mécanique ne garantit pas le bon réglage pour la pulvérisation ». Pour y remédier, l’IFV propose en règle n° 9 de vérifier le bon réglage de ses machines, en accord avec son « guide pratique de réglages et d’utilisation des pulvérisateurs viticoles » (allant du calcul du débit théorique à la mesure du niveau d’huile dans les pompes, en passant par la vérification du manomètre ou le choix de buses adaptées). La dixième et dernière règle promeut la pulvérisation confinée, avec une exhortation à envisager le traitement face par face.

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François Michaut Le 15 mai 2018 à 18:20:03
Bien gentil, votre histoire : en Bourgogne , c'est vrai pour le premier traitement, qu'on peut - parfois - différer, mais ensuite c'est comme le train : départ tous les 14 jours, le problème n'étant plus de finasser avec les parcelles, mais avec la météo. Il faut passer entre les gouttes, le terrain détrempé, le vent, etc... ce qui est autrement compliqué qu'aller regarder les feuilles par en dessous ! Car - faut-il le rappeler ? - les conseilleurs ne sont pas les payeurs, et si vous loupez un traitement parce qu'on vous a dit que ceci et prescrit que cela, et que cela ne marche pas : c'est votre compte d'exploitation qui trinque, pas celui de l'IFV ou autre Terra Vitis. Merci de bien vouloir le rappeler...
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