LE FIL

Les saints des saints

Vendredi 11 mai 2018 par Alexandre Abellan

« Alléluia, les saints de glace sont passés ! » sera le soupir de soulagement qui échappera, ce dimanche 13 mai, des lèvres de nombreux vignerons. Scientifiquement soumise à débat, la croyance dans les saints de glace reste d’autant plus vivace qu’elle permet de lever les peurs d’une nouvelle gelée, une fois les dates fatidiques passées. Et Dieu sait que la peur d’un coup de froid printanier aura usé les nerfs, le mercure ayant frôlé dangereusement le négatif par endroits (notamment en Bourgogne et en Val de Loire). Tandis que la grêle a commencé à faire des dégâts en Vallée du Rhône, en Champagne et dans le Midi, il est clair que les saints de glace ne permettront que momentanément de souffler. Les aléas climatiques menaçant sans discontinuer les vignes. Ce risque n’étant que le plus visible, la nécessité d’adaptations environnementales pesant tout autant sur la pérennité des exploitations.

Alors que dans de nombreux vignobles il devient essentiel de rattraper les herbes qui poussent plus vite que la vigne, c’est moins aux soins d’un saint qu’à la tendance du moins, voire sans, que les vignerons doivent se vouer. Le dernier sondage de Vitisphere témoigne de l’aspiration des techniciens à a adopter de nouvelles pratiques plus durables et en phase avec les demandes sociétales. Mais cette volonté reste encore au stade d’essais limités et d’initiatives émergentes. À cause du poids des investissements et de l’insécurité liée aux changements. Pour lever ces craintes, la gestion du risque inhérent à la transition environnementale doit être aussi importante que celle des risques climatique. Ne manquent au calendrier que des saints du surplace, pour libérer les aspirations viticoles de leur zone de confort.

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