LE FIL

Cri de désespoir

« Il faut que les gens sachent ce qui nous arrive »

Vendredi 04 mai 2018 par Chantal Sarrazin

Comme 17 autres exploitants recensés par le syndicat général des vignerons des côtes-du-Rhône, Laure Grosset et son époux Jacky font partie des victimes des déboires de la société Raphaël Michel.Comme 17 autres exploitants recensés par le syndicat général des vignerons des côtes-du-Rhône, Laure Grosset et son époux Jacky font partie des victimes des déboires de la société Raphaël Michel. - crédit photo : DR
Victime de l’affaire Raphaël Michel, un couple de vigneron de Saint-Pantaléon-les-Vignes a décidé de témoigner sur ses difficultés. Le négociant vraqueur laisse un trou de 60 000 euros dans leur trésorerie.

« On ne parle pas de nous, il faut que les gens sachent ce qui nous arrive », lâche Laure Grosset, vigneronne à Saint-Pantaléon-les-Vignes (26) sur 22 ha en AOC côtes-du-Rhône et en IGP. Comme 17 autres exploitants recensés par le syndicat général des vignerons des côtes-du-Rhône, la vigneronne et son époux Jacky font partie des victimes des déboires de la société Raphaël Michel. Selon l’organisme, la dette de l’entreprise auprès des vignerons s’élève à 1 million d’euros.

Pour rappel ce négociant vraqueur est soupçonné d’avoir vendu plusieurs milliers d’hl de vins sans indication géographique sous les appellations côtes-du-rhône, côtes-du-rhône villages et châteauneuf-du-pape. Son placement sous procédure de sauvegarde par le tribunal de commerce de Montpellier, fin octobre 2017, a conduit au gel de ses créances.

"Nous lui avions vendu l'intégralité de la récolte 2016"

« À partir de cette date, il a cessé de nous régler les acomptes de la récolte 2016 que nous lui avions intégralement vendue soit 800 hl environ », témoigne Laure Grosset qui a décidé de médiatiser les conséquences de cette affaire sur son exploitation. Le montant de l’impayé s’élève à 60 000 euros, ce qui correspond à la moitié du bénéfice agricole de l’année. « Dès lors que les règlements ont été interrompus, j’ai adressé des lettres de créances à notre client, poursuit-elle. Je l’ai également relancé par téléphone, mes appels sont restés sans réponse. »

Le couple a vécu sur l’argent mis de côté pour sa retraite jusqu’à la récolte 2017 vendue à un autre opérateur. « Sans ces économies, notre exploitation n’aurait pas survécue, précise Laure Grosset. Et, nous ignorons si nous reverrons un jour notre argent. »

La MSA inflige 1000 euros de pénalité

Pis, la MSA qui a refusé d’étaler les cotisations de ces viticulteurs, leur a infligé 1 000 € de pénalité pour les mois de novembre, décembre, janvier et février non réglés en temps et en heure. « Inter Rhône nous a également mis en demeure de payer les 6 000 euros de CVO que nous n’avons pas pu honorer », commente Laure Grosset. Et de s’indigner : « Comment imaginer de régler cette somme, alors que nos vins n’ont pas été payés ! »

Inter Rhône va jouer la concilialtion. « Lorsque des opérateurs rencontrent des difficultés financières, nous prenons des dispositions particulières telles que l’échelonnement des paiements, explique Éric Rosaz, délégué général d’Inter Rhône. Nous tentons aujourd’hui d’identifier les créanciers de Raphaël Michel avec le syndicat général des côtes-du-Rhône. La tâche n’est pas aisée car nous ne connaissons pas la situation de chacun. » Le responsable incite les vignerons en difficulté à prendre contact avec ses services pour trouver des solutions.

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VOS RÉACTIONS
CHAPELLE de NOVILIS Le 05 mai 2018 à 11:32:17
Il est inacceptable qu'une structure viticole se voit sommé de régler cotisations et majorations de retard dans de telles situations. Nous devrions avoir des systèmes de garde fou collectifs pour préserver les petites entreprises victimes de ce type d'opérations. D'autre part, si j'en crois le commentaire ci dessous concernant les 1 million de caution bancaire versé, une loi devrait imposer le paiement des créances prioritairement, avant la caution bancaire, en prélevant sur les biens propres si nécessaire en cas d'escroquerie comme c'est le cas ici
Norbert Le 04 mai 2018 à 18:27:29
Oui, certes, on aimerait bien savoir ce qui leur arrive, mais l'article n'est pas très clair. On nous dit qu'il y a 60 000 euros d'impayés, "ce qui correspond" à la moitié du bénéfice agricole de l'année. Il faut sans doute comprendre que la part bénéficiaire de cette vente de la totalité de la récolte correspond à une moitié d'un bénéfice dont on ne connait pas le montant et les éléments, mais qui ne doit pas être élevé puisqu'on ne peut plus payer des cotisation et qu'on doit manger son épargne.
vigneronne Le 04 mai 2018 à 15:44:39
Comment Inter Rhone peut réclamer la part de CVO sur des vins non payés par une entreprise dont le dirigeant faisait parti de leur conseil d'administration..... C'est honteux et révoltant
Cooperateur Le 04 mai 2018 à 14:22:11
la dette de l’entreprise auprès des vignerons s’élève à 1 million d’euros... pile poil la caution que le dirigeant de Raphael Michel à donné pour ne pas aller en prison...c'est ballot !
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