LE FIL

Vins de Bordeaux

Bernard Farges règle ses comptes avec Dominique Techer

Mercredi 25 avril 2018 par Alexandre Abellan

Intervenant depuis les rangs du public en fin d'assemblée générale, ce 23 avril à la Cité Mondiale, Bernard Farges a récolté les applaudissements de la salle pour sa diatribe.Intervenant depuis les rangs du public en fin d'assemblée générale, ce 23 avril à la Cité Mondiale, Bernard Farges a récolté les applaudissements de la salle pour sa diatribe. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Débattant depuis des années, le président des Bordeaux n’a plus caché sa lassitude lors d’une énième escarmouche avec le représentant girondin de la Confédération Paysanne.

« Cher camarade Dominique, les élections de la Chambre d’Agriculture ont lieu l’année prochaine, en tout cas ce n’est pas ici que cela se passe » tacle Bernard Farges, le président du syndicat viticole des Bordeaux et Bordeaux Supérieur, lâchant les SCUD ce 23 avril, en conclusion de l’assemblée générale du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB). Remplaçant désormais son épouse, Claire Laval, aux réunions du CIVB, Dominique Techer, élu à la Chambre d’Agriculture de Gironde pour la Confédération Paysanne, a repris son habitude de mettre en cause les responsables dans le cadre des questions diverses de clôture.

« J’ai des questions, j’ai une intervention à faire… Les cotisations du CIVB servent à faire la promotion des vins de Bordeaux. Des millions sont dépensés chaque année et prélevés sur des vignerons qui gagnent pour certain à peine leur vie. À côté de cela, des fraudes sont révélées par la presse et viennent ruiner la réputation de nos vins » lance Dominique Techer, demandant de manière répétée des réactions exemplaires du CIVB. 

"Il y a ceux qui œuvrent, puis il y a les commentateurs"

Bernard Farges ne s’est pas départi de son flegme, mais n’a pas mâché ses mots pour présenter sa contre-attaque à des années d’actions de la Conf’. « Imaginez une fiction, en France, dans une interprofession où il y aurait une poignée d’opérateurs qui, pendant plus de dix ans, attaqueraient année après année des structures collectives où tout le monde est élu » lance Bernard Farges. Qui continue sa fable : « et qui, année après année, perdraient tous leurs procès : à Bordeaux, à Paris, à Bruxelles. Cette même poignée d’opérateur contribuerait à ce qu’ils dénoncent, c’est-à-dire le bashing de cette filière sur les sujets de pratiques culturales et politiques. Ce bashing dénoncé, mais surtout alimenté, on le sait, par la proximité avec certaines associations, contribuant à leurs éléments de langage. Alimenté en participant aussi, de manière enthousiaste, à des reportages à charge. »

« Et de l’autre côté, dans cette filière, il y aurait un certain nombre d’acteurs des différentes familles, qui essaieraient de faire avancer cette filière. Avec toutes les difficultés économiques depuis dix ans, mais aussi le besoin de changements de pratiques, voulu par la société et par nos générations. Il y aurait des collectifs qui essaient donc, tant bien que mal, de faire avancer les choses, de les faire changer. Pas toujours suffisamment vite, pas toujours suffisamment profondément… » poursuit le vigneron. Qui conclut : « en tout cas il y a deux catégories. D’un côté ceux qui œuvrent et tentent d’agir. Puis de l’autre, il y a les commentateurs. Je crois que dans la salle il y a surtout des gens qui veulent agir… »
 

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