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Fraude

Raphaël Michel, vers un prolongement de la période d’observation

Mardi 17 avril 2018 par Michèle Trévoux

C'est la dimension de l'outil industriel qui intéresse le potentiel repreneur de Raphael Michel.C'est la dimension de l'outil industriel qui intéresse le potentiel repreneur de Raphael Michel. - crédit photo : Raphaël Michel
La holding Labruyère poursuit ses négociations avec les banques et les créanciers pour élaborer un projet de reprise sécurisant du groupe Raphaël Michel. Un prolongement de la période d’observation a été demandé à cette fin.

Lors d’une audience ce vendredi 13 avril au tribunal de commerce de Montpellier, la prolongation de la période d’observation du groupe Raphaël Michel a été demandée. La décision est mise en délibéré au 20 avril.  Ce délai doit permettre la poursuite des négociations tant avec les banquiers qu’avec les caves et vignerons créanciers pour l’élaboration du schéma de reprise par la holding Labruyère.  Le dossier est complexe car outre la créance de plus de 20 M€, deux mises en examens ont été prononcées dans cette affaire : l’une à l’encontre du PDG, Guillaume Ryckwaert, et l’autre plus embarrassante pour les repreneurs, à l’encontre de la société, en tant que personne morale.

Discussions avec les caves et vignerons créanciers

Concernant le dossier financier, « les négociations se poursuivent de façon constructive avec les banquiers », indique Sébastien Bouvet-Labruyère, Pdg de la holding LDI (Labruyère Développement et Industrie). Les deux parties travaillent sur un plan d’étalement et d’accompagnement de la dette.  Des discussions ont également été engagées avec les caves et vignerons créanciers. Les repreneurs proposent un schéma de remboursement progressif sur 2 ans et demi. Pour les structures les plus fragiles, des aménagements de trésorerie pourraient être envisagées avec le paiement d’acomptes sur de futures livraisons de vin. 

Reste le volet pénal de l’affaire. Une procédure est en cours, conduite par le parquet de Carpentras, Des décisions sont attendues courant mai. « Nous ne reprendrons l’affaire que si le risque lié à cette mise en examen ne pèse plus sur l’entreprise», affirme Sébastien Bouvet-Labruyère. Des solutions techniques sont actuellement à l’étude pour élaborer un schéma de reprise sécurisant. 

Labruyère-Eberlé est un groupe familial aux activités diversifiées : grande distribution, logistique, transport, mais il a eu toujours un pied dans la viticulture, depuis les premiers achats de vigne, en Beaujolais de Jean-Marie Labruyère dans les années 1850. Le pôle viticole, orienté vers la production de vins premium, compte quatre vignobles : en Beaujolais, Bourgogne à Bordeaux et en Champagne. La reprise de Raphaël Michel ne s’inscrit pas dans cette activité. C’est la holding d’investissements LDI qui s’intéresse à cette société dans un objectif de capital-investissement (private equity). LDI a déjà repris deux entreprises en redressement judiciaire : le groupe Orval (objets de décoration) en avril 2017 et Mathon (articles de cuisine) en 2012.  

"Si le projet de reprise aboutit, l’ensemble du personnel serait alors maintenu"

« Le marché du vin en vrac est porteur, surtout à l’international. Ce qui nous intéresse chez Raphaël Michel, c’est sa dimension industrielle. L’entreprise est équipée pour traiter des gros volumes. Elle dispose des certifications IFS et BRC indispensables pour travailler avec la grande distribution. Nous estimons qu’il y a de belles perspectives de développement sur ce marché du vrac », explique le président de LDI. Si le projet de reprise aboutit, l’ensemble du personnel serait alors maintenu", indique-t-il. 

 

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