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Languedoc

Convaincu par leurs vertus, le sénateur plante des vignes résistantes

Mercredi 18 avril 2018 par Alexandre Abellan

Ayant planté sa parcelle expérimentale ce printemps 2018 sur la commune de Servian, Henri Cabanel se projette sur les premières vinifications, qui auront lieu dans trois ans, pour pouvoir convaincre ceux qui ne le sont pas encore de la pertinence de cet essai.Ayant planté sa parcelle expérimentale ce printemps 2018 sur la commune de Servian, Henri Cabanel se projette sur les premières vinifications, qui auront lieu dans trois ans, pour pouvoir convaincre ceux qui ne le sont pas encore de la pertinence de cet essai. - crédit photo : DR
Élu héraultais, Henri Cabanel vient de planter 70 ares de vignes résistantes au midiou et à l’oïdium dans le cadre de leur premier déploiement vigneron et du réseau régional d’expérimentation (OsCaR Oc).

« Quand ces variétés seront inscrites au catalogue et disponibles, je ne planterai plus qu’elles ! » pose le sénateur Henri Cabanel (Hérault, Parti Socialiste). Fervent défenseur des cépages résistants aux maladies cryptogamiques, l’élu va pouvoir se convaincre par lui-même de leurs vertus dans son propre vignoble. Sur les 27 hectares qu’il exploite en IGP Côtes de Thongue et Pays d’Oc, Henri Cabanel vient en effet de planter 70 ares d’une variété obtenue par le défunt chercheur Alain Bouquet. Soit 2 000 pieds de l'obtention 3176. « En termes de typicité du produit, ce cépage se rapproche du grenache noir » souligne le sénateur, déjà convaincu par de nombreuses dégustations avec l’unité Pech Rouge de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA).

S’insérant dans le réseau languedocien de l’Observatoire National du Déploiement des Cépages Résistants (OsCaR Oc), cet essai est réalisé sous contrat avec l’INRA et la Chambre d’Agriculture. Avec ses sols argilo-calcaires profonds, la parcelle d’Henri Cabanel sera l’occasion de tester la résistance à la sécheresse de cette variété. « Je fais partie de ceux qui pensent que la sécheresse ne sera pas exclusivement vaincue par l’apport d’eau, que l’on ne pourra pas amener partout. Il faut travailler sur d’autres pistes, comme des porte-greffes plus adaptés ou des amendements organiques réduisant l’évaporation » explique l’élu languedocien.

"Révolution"

« Je suis persuadé que ces cépages vont permettre d’engendrer une nouvelle révolution, comme on en a connu avec la restructuration du vignoble. Cela va demander de grands efforts viticoles, mais ne pas traiter les deux principales maladies de la vigne va permettre de répondre aux attentes sociétales » prêche Henri Cabanel. Qui souligne que sous la pression de la filière, les soutiens politiques se mettent en place/ Comme avec la prime à la plantation versée par la région Occitanie pour ces essais de nouveaux cépages (alors que ces vignes ne sont pas classées au catalogue national), qui pourrait avoisiner les 8 000 euros/ha.

« Nous pouvons désormais tester le comportement de ces vignes dans un cadre naturel, aux côtés de nos cépages classiques. Une étape est franchie, on ne pourra plus faire marche arrière » conclut le sénateur héraultais, satisfait que Philippe Mauguin, le nouveau PDG de l’INRA, ait tenu sa promesse d’ouvrir l’expérimentation au-delà des parcelles de recherche.

Réseau OsCaR

En tout, ce sont 15 viticulteurs languedociens qui vont planter 12 hectares de six variétés Bouquet (trois à faibles degrés alcooliques : G5, G9 et G14, un croisement du grenache : 3176, un descendant du fer servadou : 3160, un parent du chasan : 2159) et deux obtentions ResDur (Artaban et Floréal).

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