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Révolution numérique

Trois technologies qui pourraient changer la viticulture

Lundi 16 avril 2018 par Marion Sepeau Ivaldi

Oenoview est l'outil de viticulture de précision développé par l'ICV.Oenoview est l'outil de viticulture de précision développé par l'ICV. - crédit photo : ICV
L’arrivée des nouvelles technologies va modifier le quotidien de la viticulture. Retour sur trois technologies présentées lors de l’assemblée générale de l’ICV le 12 avril.

1 La télédétection

Seulement 1 % du vignoble français est aujourd'hui télé-détectée contre 13 % des surfaces de grande culture. Et ce bien que les coûts ne soient pas très élevés (à partir de 10 euros/ha). Leur utilité est principalement de permettre d’ajuster les apports hydriques et nutritionnels en fonction de l’expression végétative. La technologie est prévue pour évoluer très prochainement. D’une part, 300 satellites devraient être en orbite autour de la terre dans peu de temps. Portée par l’entreprise Planet, cette flotte permettra de produire une image par jour en tout point de la terre à une résolution de 3 mètres. D’autre part, le projet européen Sentinel 2 va permettre de collecter une image tous les 5 jours en tous points de la terre avec une résolution de 10 mètres. « Cela devrait permettre de suivre la rapidité de croissance et la vigueur » estime Bruno Tisseyre, professeur en agriculture de Précision à Montpellier SupAgro, lors de l’assemblée générale de l’ICV le 12 avril.

 

2 La robotique

Les robots commencent à se présenter sur le marché des équipements de la viticulture. Vitirover, Naïo et son frère Ted, Effidence : tous font leur tournée de démos. « Mais pour les opérations de taille, la robotisation n’est pas encore au point. Il y a principalement dans les actionneurs qui restent lents, manquent d’autonomie » indique Bruno Tisseyre.

Mais en robotique, c’est plutôt les années qui viennent qui risquent de changer la donne. Bruno Tisseyre pose la question de l’arrivée de la télé-opération, c’est-à-dire la conduire d’outils à distance. « Et si les tailleurs télé-opéraient depuis le Bengladesh » llance-t-il délibérément provoquant. Le professeur pense également à la création de flotte de robots qui pourraient suivre un tracteur et compléter son travail. L’arrivée des exo-squelettes pourraient par ailleurs soulager les opérations pénibles en démultipliant la force humaine. Enfin, « on pourrait voir se déployer des kits de robotisation installés sur les tracteurs pour les rendre, par exemple, autonomes », indique-t-il.

 

3 Le big-data

Il s’agit d’accumuler un nombre très important de données pour construire des solutions intelligentes. A titre d’exemple, cela peut être une application smartphone permettant de reconnaître des plantes, telle que Plant Net. « Il a fallu 330 000 images pour réaliser cette application » indique Philippe Vismara, maître de Conférences en Informatique à Montpellier SupAgro. Et c’est cette somme de données qui permet à la technologie de fonctionner, car elle n’est pas intelligence au sens humain du terme. « Ainsi, si on accumule beaucoup de données de reconnaissance sur une maladie donnée dans une région viticole, il n’est pas sûr que la solution sera transposable en Languedoc-Roussillon » précise Philippe Vismara.

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