LE FIL

Les trimeurs des primeurs (3/3)

Aurélia Souchal-Caumont, vigneronne en représentation

Jeudi 12 avril 2018 par Alexandre Abellan

Ancré dans les habitudes, l’évènement en primeurs des Graves a attiré 400 visiteurs professionnels pour 57 exposants au centre de Bordeaux.
Ancré dans les habitudes, l’évènement en primeurs des Graves a attiré 400 visiteurs professionnels pour 57 exposants au centre de Bordeaux. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Dernier volet du triptyque Vitisphere sur les coulisses de la semaine des primeurs 2017, avec une propriétaire à Cérons, qui ne vend pas en primeurs, mais profite de la mise en lumière collective permise par l’évènement.

« Nous avons gelé au printemps et été grêlés le 28 août... Mais je suis quand même fière de mon 2017 et de pouvoir montrer que l’on a bien travaillé ! » martèle Aurélia Souchal-Caumont, la copropriétaire du domaine du Salut (16 hectares certifiés Terra Vitis). Tenant un stand ce 9 avril au palais de la Bourse de Bordeaux, lors de la dégustation en primeurs des Graves 2017, la néovigneronne ne se départit pas de son sourire. De 17h30 à 21h30, elle présente les échantillons de sa cuvée rouge et de ses cuvées blanches, tout juste embouteillées et livrables.

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Face au flux successif des visiteurs, elle détaille inlassablement les assemblages de ses cuvées, raconte l’histoire de son installation récente dans le vignoble avec son mari Frédéric Caumont, s’aperçoit qu’elle n’a pas pris assez de cartes de visite, regrette que les vins blancs soient servis trop frais pour réchauffer un dégustateur pointilleux… Et ne manque pas d’être interrogée sur les conséquences du gel de la fin avril 2017.

-60 %

Ayant perdu 60 % de sa récolte, le domaine du Salut a été particulièrement touché par les aléas climatiques du dernier millésime. Ce qui ne manque pas de susciter l’empathie des visiteurs. « Il y a beaucoup d’interrogations sur le gel, mais pas avec une approche négative concernant la qualité. Il s’agit de compassion sur les volumes perdus et les difficultés qui s’ensuivent » rapporte Aurélia Souchal-Caumont.

Permettant des échanges privilégiés, le rendez-vous des primeurs est incontournable pour la vigneronne, alors qu’elle ne vend pas en primeurs. Son domaine jouant le rapport qualité/prix et ne souhaitant pas vendre moins cher ou se focaliser sur une clientèle particulière. « Ici, on est avant tout en relation publique, avec les clients existants et avec de nouveaux contacts. Mais derrière la représentation, il y a toujours du commerce ! » souligne Aurélia Souchal-Caumont, qui glisse avoir amorcé des négociations commerciales dans la soirée.

"Les gens sont curieux d’un millésime"

Lors de cette dégustation du syndicat viticole des Graves, on peut croiser de nombreux badauds, allant au gré des découvertes. « Contrairement à un salon professionnel, il y a besoin d’anticipation. Alors qu’à Prowein il est impératif de préparer sa venue pour que son stand ne soit pas désert, ici il y a une place pour le hasard. Les gens sont curieux d’un millésime, ils viennent goûter et chercher des choses nouvelles » constate Aurélia Souchal-Caumont.

Se réjouissant de sentir le Bordeaux bashing se dissiper, elle peut désormais jouer à plein son positionnement jeune (pas de bois, mais du fruit dans les bouteilles, qui affichent des packagings iconoclastes) tout en misant sur la sécurité d’appellations bordelaises (Graves, Cérons et Bordeaux). Un cocktail qu’elle compte bien déployer lors des prochains primeurs.

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