LE FIL

 Je reprends ma lecture 
{{str_intro_2}}
{{str_intro_3}}
{{message_alert}}
 {{bt_suivant}} 

 Je réponds 

Vitesse et qualité de pulvérisation

Les bons résultats des pulvés à panneaux récupérateurs

Mercredi 21 mars 2018 par Juliette Cassagnes

Les modèles de pulvérisateurs à panneaux récupérateurs testés par l'Irstea et l'IFV
Les modèles de pulvérisateurs à panneaux récupérateurs testés par l'Irstea et l'IFV - crédit photo : UMT Ecotechviti
L'Irstea et l'IFV ont procédé en 2016 et 2017 à différentes expérimentations sur des « pulvés » à panneaux récupérateurs. Les résultats, présentés lors du Cietap 2018*, montrent notamment qu'une vitesse d'avancement accrue n'empêche pas une bonne qualité de pulvérisation.

La première expérimentation porte sur le type de buses. Deux ont été testées : classique et « à fente à injection d'air ». L'essai a été réalisé sur vigne artificielle (banc EvasprayViti) et en conditions « plein champ », au domaine du Chapître (34), sur une vigne à forte vigueur, donc dans des conditions plutôt défavorables. Le dépôt de bouillie par unité de surface, exprimé en ng/dm2 pour 1 g de bouillie pulvérisée par hectare(**), a été mesuré sur les collecteurs placés sur les organes de la plante.

En conditions réelles ou sur vigne artificielle, les meilleurs résultats sont obtenus avec les buses à injection d'air, pour les trois pulvérisateurs testés : les dépôts sont en moyenne supérieurs. En conditions « plein champ », ils sont « significativement » supérieurs au cœur du feuillage avec les buses à injection d'air par rapport aux buses classiques. Le dessous des feuilles a également été comparé, sans donner de différences.

Globalement, la tendance est donc à avoir de meilleures performances avec les buses à injection d'air : « Associer panneaux récupérateurs et buses à injection d'air est donc un bon choix pour améliorer la qualité d'application , à condition d'avoir un bon nettoyage », a expliqué Mathilde Carra, ingénieure Irstea Montpellier. Ce type de buses présente en effet un risque supérieur de bouchage.

Le même protocole a été conduit mais cette fois pour tester différentes vitesses d'avancement à plusieurs stades végétatifs. L'idée était de vérifier s'il était possible de compenser le temps de travail supérieur de ce type d'appareil par une augmentation de la vitesse, sans pour autant nuire à la qualité du traitement.

Deux vitesses distinctes, 7,8 et 10 km/h, ont été testées et comparées à la vitesse de références, de 5,3 km/h. Les mesures montrent que la quantité déposée reste très proche quelle que soit la vitesse de chantier, que l'on soit en condition réelle ou sur vigne artificielle. « Si le vignoble le permet, augmenter la vitesse permet d'optimiser les temps de chantier sans dégrader la qualité de pulvérisation », conclut l'ingénieure.

Une amélioration significative des débits de chantier

Toujours sur cette thématique, une autre expérimentation a été conduite sur 8 parcelles en 2016 et 2017, situées sur quatre domaines expérimentaux en Languedoc. Quatre pulvérisateurs à panneaux récupérateurs ont été testés à différentes vitesses, sans modifier le débit. L'idée était en effet de parvenir à une réduction de doses de 30% par un passage des appareils à des vitesses supérieures, à 6,7, 8,2 et même 10 km/h. Ajoutées à la récupération des produits obtenue grâce aux panneaux, l'objectif était ainsi de vérifier s'il était possible d'atteindre une réduction de dose de 50%, visée par le plan Ecophyto

Les résultats sont très positifs : le cumul des économies de produits permis par la combinaison de ces deux paramètres a dépassé les 50% par rapport à la référence, avec une réduction moyenne de l'IFT atteignant 53% sur l'ensemble des parcelles. Pour les deux-tiers des parcelles, l'objectif de réduire de moitié l'IFT régional (datant de 2006) du plan Ecophyto a même pu être atteint. Les ingénieurs ont néanmoins relevé une large variabilité dans les taux de récupération des panneaux, allant de 10% à 40%, liée au développement de la vigne et aussi à l'appareil utilisé...

Le gain de temps obtenu, à la fois grâce au débit de chantier et au nombre inférieur de remplissages, est par ailleurs « considérable », « rapprochant fortement les pulvérisateurs à panneaux récupérateurs des autres ». Autre résultat obtenu : malgré les doses réduites, le niveau de protection contre le mildiou et l'oïdium a été « satisfaisant », dans un contexte de pression « faible à modérée » : les réductions de 30% n'ont pas conduit à une augmentation significative des symptômes. Les ingénieurs soulignent toutefois la nécessité de suivre un calendrier de protection sans faille en cas de réduction de dose.

En terme de confort enfin, il semblerait que la vitesse maximale « réaliste » se situerait entre 8 et 9 km/h maximum.

(*Cietap : Colloque sur les techniques d'applications des produits de protection des plantes organisé par l'AFPP le mardi 13 et mercredi 14 mars 2018 à Lyon)

(**Cette unité normalisée permet de comparer les dépôts obtenus quel que soit la technique d’application, la vitesse d’avancement ou le volume par hectare considérés).

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé