LE FIL

Commercialisation des vins du Beaujolais

L'espoir renaît

Vendredi 16 mars 2018 par Juliette Cassagnes

Les ventes en GD sont globalement stables en volume en 2017, mais progressent en valeur, surtout grâce aux ventes des crus
Les ventes en GD sont globalement stables en volume en 2017, mais progressent en valeur, surtout grâce aux ventes des crus - crédit photo : J Cassagnes
Dans le Beaujolais, la situation économique semble lentement s'améliorer, même si les ventes de Nouveaux ont à nouveau déçu en 2017. Un phénomène qui serait permis grâce au retour de la demande.

« On peut réellement parler d'inversion de tendance et s'en réjouir, avec un début de revalorisation de nos vins », a déclaré, à propos de la campagne de commercialisation 2017, Jean-Marc Lafont, vice-président de l'Union des crus, lors de l'AG qui a eu lieu jeudi 8 mars 2018. « Il y a une relance de la commercialisation grâce à une demande qui repart...Nous sommes sur la bonne pente, même si ce n'est pas encore l'euphorie », déclare de son côté David Ratignier, vice-président d'InterBeaujolais. Les différents indicateurs de suivi de la commercialisation des vins du Beaujolais sur l'année 2017 montrent en effet des signaux positifs, à l'exception des Beaujolais nouveaux.

Les ventes en GD ont globalement progressé, légèrement, mais progressé quand même, avec +0,7% volume et +2,6% valeur, tirées par les crus, les appellations régionales restant plus à la peine. Les chiffres du négoce sur le circuit CHR ont également été positifs, avec +1% en volume et +2% en valeur sur les 12 mois. Leurs sorties de chais, qui traduisent l'activité commerciale globale, ont grimpé de +6% en volume sur l'ensemble des appellations, traduisant « un certain dynamisme ».

"L'export, relais de croissance"

Mais c'est surtout l'export qui a été le plus dynamique, avec une progression « significative » : 228000 hl de vins de la région ont été expédiés à l'étranger, soit +5,7% en volume et +7,77% en valeur. Les marchés européens ont été particulièrement porteurs avec des croissances à deux chiffres, Royaume-Uni en tête. Le grand export a été lui-aussi positif. Cette hausse concerne l'appellation Beaujolais et les crus.

C'est aussi l'export qui a permis de « sauver » la campagne des primeurs 2017, en étant le seul débouché à connaître une vraie progression sur ce produit, avec +7% en volumes. Les ventes totales de Beaujolais nouveaux restent sinon en berne, avec un volume encore en baisse, de 5%. Le marché vrac accuse à nouveau une baisse (-6%) et les ventes en France ont chuté de -16,5%. En cause: le circuit « traditionnel » (CHR et cavistes) qui a "plongé", avec -33% en volumes. « C'est préoccupant, car cela correspond à une chute structurelle, pas conjoncturelle, liée à un problème d'image auprès de ce circuit ; cela va nécessiter un travail de fourmi, qui prendra du temps », analyse Pierre Gernelle, directeur du syndicat de négociants de la Grande Bourgogne. Les ventes en GD sont quant à elles restées stables. 

Un bon démarrage de l'année 2018

Les marchés extérieurs sont donc devenu un vrai relais de croissance au marché national, actuellement en panne, à l'image d'ailleurs des autres vignobles français. Enfin, l'année 2017 a été marquée par une progression des ventes globales en valeur, supérieure aux volumes, traduisant une meilleure valorisation des vins.

Concernant la campagne en cours, le marché vrac des Beaujolais « de garde » a été rapide et marquée par une nette remontée des cours. L'origine : le faible volume disponible, la récolte 2017 ayant été particulièrement faible à cause de la grêle et du gel. Les prix en AOP Beaujolais sont ainsi passés de 130€ l'an dernier à 167€/hl, en Beaujolais-villages, passage de 158€ à 180€/hl et ont retrouvé les niveaux de 2015. Les sorties de chais du négoce sur les deux premiers mois de 2018 seraient elles-aussi « très actives ».

« On est en train de passer d'une situation excédentaire de l'offre à un retour à l'équilibre, permis par une diminution de celle-ci et par une demande qui continue d'augmenter », analyse Pierre Gernelle. Un équilibre qui pourrait même s'inverser d'ici 2 ou 3 ans, selon David Ratignier : « On risque d'être en manque de vins rouges, avec les départs à la retraite, les exploitations qui arrêtent et les plantations qui se font en blanc. Les volumes vont finir par être faibles », prévoit celui-ci.

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