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Traitements phytos

Les vignerons bordelais, bons élèves du vivre-ensemble

Jeudi 15 mars 2018 par Alexandre Abellan

Si 20 % des sondés « envisagent, dans un avenir proche, de s'équiper de pulvérisateurs réducteurs de dérive ou confinés », ils sont 70 % à ne pas y songer.
Si 20 % des sondés « envisagent, dans un avenir proche, de s'équiper de pulvérisateurs réducteurs de dérive ou confinés », ils sont 70 % à ne pas y songer. - crédit photo : Alexandre Abellan (archives, école de Saint-Genès de Lombaud)
Adaptant leurs horaires, installant des protections physiques ou arrachant leurs vignes, les domaines girondins ont adapté leurs épandages à leur voisinage selon l’enquête de la DRAAF.

Estimant que son arrêté du 24 avril 2016 sur les traitements viticoles à proximité des zones sensibles (centres de loisirs, écoles, établissements de santé, garderies, maisons de retraite…) est « l’un des plus exigeants de France », la préfecture de Gironde peut désormais avancer qu’il est parmi les plus connus et appliqués dans le vignoble bordelais. Ce qui permet dans la majorité des cas une cohabitation en bonne intelligence entre riverains et vignerons. 98 % des exploitants connaissent l’arrêté préfectoral d’après la dernière enquête du pôle viticole de la Direction Régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt de Nouvelle Aquitaine (DRAAF).

L’administration a sollicité en février 2017 les 400 domaines bordelais détenant une parcelle viticole se trouvant à cinquante mètres d'un établissement accueillant des personnes vulnérables (et devant appliquer l’arrêté préfectoral). Parmi les réponses récoltées, 200 domaines ont effectivement une parcelle à 50 mètres d’un site sensible*. Dans cet échantillon, « 28 mètres séparent, en moyenne, la parcelle de vigne concernée du lieu accueillant des personnes vulnérables » (dans 90 % des cas, « des établissements relevant de l’enfance et de la petite enfance »). Des contraintes qui donnent un sens des responsabilités aux vignerons, qui cumulent les moyens de se mettre en conformité.

Changement des horaires de traitement

D’après l’étude, « 85 % des domaines concernés ont modifié leurs horaires de pulvérisation ». L’arrêté interdisant par exemple les épandages dans les « 20 minutes qui précédent et qui suivent le début et la fin des récréations et activités scolaires et périscolaires ». Sauf en cas d’implantation de haies et barrières physiques à la dérive. Un quart des sondés ont justement mis en place des haies (et plus rarement de filets brise-vent). Ils sont un tiers à informer les riverains de leur calendrier de traitement. Cette part étant croissante quand le voisinage a Interpellé le vigneron sur le sujet (essentiellement du risque de dérive, mais aussi des nuisances sonores). Et 6 % des vignerons disent avoir arraché des vignes trop proches de personnes vulnérables.

Ayant l’objectif « de disposer d'informations fiables sur les pratiques mises en œuvre par les exploitations viticoles », l’étude de la DRAAF mesure l’évolution des pratiques viticoles. Et alors que l’application de produits bio à proximité des écoles est une exigence répétée par des associations antiphytos, l’administration souligne « deux tiers des répondants déclarent utiliser [des produits bio ou de bio contrôle], principalement du soufre et du cuivre ».

 

* : À noter que même « parmi les viticulteurs concernés et non répondants, ces contrôles font apparaître 100 % de conformité (principalement respect des horaires), viennent ensuite la pulvérisation confinée, l'arrachage de la parcelle, la plantation de haie » énumère la DRAAF.
 

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