LE FIL

Nouvelle fraude dans le Gard

Trois vignerons portent plainte

Mardi 13 mars 2018 par Marion Sepeau Ivaldi

La Caraf présente deux contre-étiquette différente. L'une indique l'origine espagnole, l'autre Pays d'Oc. Sur les tickets de caisse, une seule origine : Pays d'Oc pour les deux versions de ce rosé.La Caraf présente deux contre-étiquette différente. L'une indique l'origine espagnole, l'autre Pays d'Oc. Sur les tickets de caisse, une seule origine : Pays d'Oc pour les deux versions de ce rosé. - crédit photo : Marion Sepeau Ivaldi
Le 12 mars, à l’occasion de son assemblée générale, le Syndicat des vignerons du Gard a annoncé le dépôt d’une plainte après le constat d’une nouvelle fraude.

« Nous sommes allés dans nos supermarchés Intermarché. Nous avons découvert des vins de marque « La Caraf » de Jeanjean. Il s’agit d’un vin rosé de grenache étiqueté d’origine espagnole. Sur le ticket de caisse, il apparaît vin de IGP d’Oc et vins de pays d’Oc » a expliqué le Syndicat des vignerons du Gard. Suite à ce constat, trois vignerons sont allés porter plainte le 12 mars.

Les suites judiciaires données à cette action vont être suivies très attentivement par le Syndicat des vignerons du Gard. Dans les récentes affaires de confusion sur l’étiquetage de vins, ils trouvent en effet que la justice avance à deux vitesses. « Il y a deux poids, deux mesures. Des viticulteurs sont interpellés et mis en garde-à-vue pendant 48 h. Dans le même temps, des dossiers de fraude contre le négoce ne sont pas ouverts » dénoncent-t-ils. Plusieurs dossiers sont en effet sur la table des procureurs de Montpellier et de Toulouse sans que les enquêtes ne donnent des signes d’avancement se désolent les viticulteurs.

Quelles actions futures ?

Devant ce constat, le Syndicat des Vignerons du Gard se pose la question des suites à donner. « Faut-il porter plainte à chaque fois qu’une fraude est constatée ?» s’interroge-t-on. Ou faut-il engager des huissiers pour constater les fraudes sur tout le territoire français ? Dans l’assistance, un viticulteur constate que les actions dans les lieux de commerce semblent avoir un effet pédagogique limité. « Faut-il aller dans les centrales d’achat ? » s’interroge-t-il. Xavier Fabre, porte-parole du Syndicat, tempère : « dans l’ensemble, il y a une amélioration. Les linéaires ont été réorganisés. Mais l’exemple de la Carafe nous rappelle à l’ordre et d’être vigilent ».

La prochaine étape sur ce dossier de fraude sera le 17 avril à 14 h, au tribunal de Grande instance de Montpellier. L’un des membres du Syndicat des vignerons du Gard est convoqué avec quatre viticulteurs héraultais pour « association de malfaiteurs en vue de commettre des délits avec armes ». Le Syndicat a appelé à ce que la mobilisation soit la plus forte possible. Et le viticulteur concerné a expliqué qu’il avait été traité comme un malfaiteur lors de sa garde-à-vue, ayant était en interrogatoire seulement une heure et demi sur les 48 heures qu’a duré sa détention. « Nous devons montrer que nous sommes d’honnêtes gens qui se battons pour notre métier ! »

Pêle-mêle de sujets de mécontentement

L’assemblée générale du Syndicat des vignerons de l’Aude a permis à de nombreux viticulteurs de s’exprimer sur leurs difficultés quotidiennes. Le mécontentement est principalement focalisé sur les retards de paiement des aides, les dysfonctionnements de la MSA et ses contrôles, la dématérialisation du casier viticole informatisé qui n’est pas compatible avec les outils informatiques de FranceAgriMer, l’année blanche du Crédit Agricole qui a été mal comprise ou encore les lourdeurs administratives notamment l’établissement des feuilles de paye…

Par ailleurs, nombre de viticulteurs se demandent si la contractualisation négociée cette année par la filière régionale était une bonne chose. Le manque de sécurité quant aux prix sur la commercialisation des prochains millésimes mais aussi l’écart de prix d’environ 20 euros/hl entre l’IGP d’Oc rosé et l’IGP Méditerranée rosé ne manque pas de susciter des interrogations. Dans ce contexte, le Syndicat souhaiterait innover en créant une marque de vin sur le principe de la marque laitière "C'est qui le Patron !".

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damqui Le 15 mars 2018 à 00:26:27
il peut s'agir d'une erreur de dénomination de la centrale d'achat d'intermarché. Sans vouloir défendre l'enseigne et pour avoir vécu l'expérience, les acheteurs peuvent avoir reçu de mauvaise information lors de la proposition du produit par le fournisseur et l'établissement de la référence en centrale puis en magasin. Je me suis retrouvé chez un grossiste à vendre des 3ème vin de propriété sous le nom du premier de la propriété.
Henri 34 Le 13 mars 2018 à 19:12:19
Il n'y a évidemment pas de fraude à l'étiquetage. Le consommateur doit apprendre à lire les étiquettes et les contre-étiquettes (qui sont régies par les mêmes règles).
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