LE FIL

Magie

Vendredi 23 février 2018 par Marion Sepeau Ivaldi

La magie est un art fascinant.  Le magicien sait manipuler les yeux pour les détourner de là où se passe l’essentiel. Est-on en plein spectacle de prestidigitation politique ? Les déclarations d’Agnès Buzyn ont fortement mobilisé la filière viticole. Même Vin et Société, si rétive à s’engager dans la polémique, a finalement pris la plume pour demander une clarification de la politique de santé. La fin annoncée des solutions de désherbages chimiques mobilise aussi promptement les organisations professionnelles. Il faut financer la transition écologique de la filière, plaident Jérôme Despey et Jean-Marie Barillère. Ils souhaitent que l'Etat aident les viticulteurs à passer le cap de l’abandon des désherbants.

Bref, les organisations nationales se saisissent de sujets médiatiques et défendent des revendications plutôt consensuelles. Un illusionniste leur aurait-il fait détourner les yeux d’un sujet tout aussi médiatique et particulièrement brûlant ? Depuis plusieurs années, la pulvérisation des produits phytosanitaires en bordure d’habitations ne cesse de devenir une problématique croissante. Les intentions gouvernementales seraient de mettre le haut-là à tous les traitements phytosanitaires en bordure d’habitations. Ce ne seraient plus seulement les établissements dits sensibles (hôpital, école…) qui seraient concernés. Mais toutes les maisons. Des milliers d’hectares de vignes devraient stopper la protection chimique. Comme chaque fois sur un sujet environnemental, certains représentants de la filière approuveront, d’autres seront vent debout. Quoiqu’il en soit, rares sont ceux qui donnent de la voix sur le sujet. Pas une proposition sur le sujet ne figure dans le Plan de filière viticole rédigé dans le cadre des Etats généraux de l'alimentation. Un vilain génie leur aurait-il glissé un chat dans la gorge ?

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