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Marché

Faut-il mettre un terme à l’obsolescence programmée des rosés ?

Mardi 20 février 2018 par Marion Sepeau Ivaldi
Article mis à jour le 21/02/2018 11:40:31

Le vin rosé s'affiche de plus en plus à table et pas seulement l'été.Le vin rosé s'affiche de plus en plus à table et pas seulement l'été. - crédit photo : CC0 Creative Commons
Forte de ses parts de marché croissante, la couleur attire toujours plus de volumes et de producteurs. Mais ce développement n’est pas sans poser question, notamment concernant le cycle annuel de la couleur.

D’année en année les rosés continuent leur déploiement. La Provence est sans doute l’origine qui performe le mieux, notamment à l’export. D’après les chiffres présentés par la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux, les expéditions provençales atteignent, en 2017, 4,5 millions de caisses en hausse de 35,4 %. La croissance n’est pas prête de s’arrêter, notamment parce que la consommation se désaisonnalise de plus en plus. Ce qui conduit à un référencement annuel des rosés dans les linéraires.

Rupture et pénurie

Déjà certains opérateurs anticipent des ruptures de produit en 2018, malgré un travail pour augmenter le sourcing. Et, « il y a un vrai risque de pénurie en 2018/2019 » confie un négociant qui pointe un état des stocks à sec en fin de campagne 17/18. Dans ce contexte, les stratégies commerciales s’adaptent. Chez Estandon Vignerons, « nous préservons nos marques, peut-être, parfois au détriment de MDD » explique Philippe Brel, directeur de la structure commerciale. D’autres opérateurs savent que de manière structurelle, ils ne pourront pas fournir jusqu’à la fin de l’été.

Jusqu'à deux ans, toujours bons 

Pour pallier à cette irrégularité du marché, Philippe Brel prône un changement de communication sur les rosés. « Il faut arrêter avec l’obsolescence programmée des rosés que l’on a mis dans la tête de nos clients distributeurs. Je milite pour que l’on fasse savoir que nos rosés sont excellents jusqu’à 18 à 24 mois » martèle-t-il. Cette proposition faciliterait les jointures entre les années de forte production et les années de maigre production, mais aussi le référencement annuel de la couleur dans le linéaire.

Le bémol se situe néanmoins au chai. Pour Miren de Lorgeril, des Vignobles Lorgeril, l’élaboration de vins rosé sur la fraîcheur et le fruit, demandés par le marché, suit un process particulier qui mériterait d’être adapté en vu d’une conservation au-delà d’un an. Par ailleurs, les rosés de gastronomie sont là pour répondre à des gardes plus longues.

La fenêtre de tir pour le Languedoc

En attendant que les mentalités évoluent, le vignoble languedocien tente de s’imposer. Tout le monde n’a pas à l’esprit que la production de rosé du Languedoc représente deux fois celle de la Provence en volume (toute catégorie de vin confondue). « Il y a une belle fenêtre de tir pour nos produits grâce à leur rapport qualité/prix » confirme Laurent Lechat, directeur général d’Advini. Lancée l’année dernière, la marque Adimant est en phase de développement. Se différenciant grâce à sa bouteille exclusive (Verallia), Adimant est distribuée à 500 000 cols et trouve un bon écho en grande distribution, notamment chez Tesco en Grande-Bretagne. « Nous venons d’être référencé chez Monoprix et Franprix » complète Laurent Lechat. La région offre également des rosés de gastronomie avec de stratifier et premiumiser son offre. Elle en a fait la démonstration à Vinisud à travers une Masterclass dédiée aux grands rosés.

 

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