LE FIL

Xavier Fabre

« Politiques, écoutez le peuple ! »

Lundi 19 février 2018 par Alexandre Abellan

Ne cherchez pas le sourire de Xavier Fabre derrière son imposante barbe. Dès qu’un appareil photo est de sortie, il le cache sous le poids des revendications vigneronnes qu’il porte.Ne cherchez pas le sourire de Xavier Fabre derrière son imposante barbe. Dès qu’un appareil photo est de sortie, il le cache sous le poids des revendications vigneronnes qu’il porte. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Croisé à l’occasion du salon Vinisud à Montpellier, le président du Syndicat des Vignerons du Gard évoque en trois questions l’inflexion du discours hygiéniste d’Agnès Buzyn, l’interdiction du désherbage au glyphosate et sa mise en examen pour association de malfaiteurs dans le cadre du Comité Régional d’Action Viticole (CRAV).

La semaine dernière, vous interpelliez la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, sur la matinale de France Inter. Lui demandant si à l’avenir un viticulteur serait considéré comme un dealer. Sa réponse vous a-t-elle satisfaite ?

Xavier Fabre : Ce sera à voir dans les actes. Mais c’est la première fois qu’elle déclare qu’il peut y avoir une consommation de vin pour le plaisir. C’est le fruit d’une mobilisation de la filière et de ses relais politiques. Je pense qu’elle a compris que le vin occupe une place à part dans notre pays. D’autant plus que la filière fait beaucoup pour promouvoir une consommation responsable.

On connaissait son parcours. Quand [Agnès Buzyn] a été nommée, on savait qu’elle serait plus à craindre que Nicolas Hulot [le ministre de l’Environnement]. D’entrée de jeu, il y a eu la campagne sur le tire-bouchon, puis la Stratégie Nationale de Santé [évoquant une dénormalisation de la consommation de boissons alcoolisées]. Qu’elle dise que le vin est un alcool comme les autres dans une émission télévisée ne nous a pas surpris.

 

Vous évoquez Nicolas Hulot, le ministre de l’Environnement. La décision de supprimer le glyphosate constitue-t-elle également une attaque du vignoble ?

Ce qui dérange le plus, ce sont les positions dogmatiques. Le problème, ce n’est pas d’interdire le glyphosate, c’est de la faire sur ses seules convictions. Il faut trouver un équilibre en écoutant tout le monde, que chacun puisse s’expliquer pour savoir d’où l’on vient. Je le dis aux politiques : écoutez le peuple. Peut-être que dans trois ans plus personne n’utilisera du glyphosate, mais laissez-nous y aller à notre rythme. On peut me dire de ne plus utiliser le glyphosate dès demain, ou plutôt après-demain, mais il faut que le principe de précaution s’applique aux vins importés, et qu’ils soient bloqués à la frontière.

 

À propos d’importations de vins, vous êtes mis en cause pour les actions coups de poing du CRAV…

Étant mis en examen, je ne réagirai pas sur ce sujet. Mais nous allons nous mobiliser dans l’Hérault et le Gard pour l’audience du premier mars.

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