LE FIL

Languedoc

Une sécheresse préoccupante

Vendredi 02 février 2018 par Michèle Trévoux
Article mis à jour le 06/02/2018 10:12:47

D’après les relevés effectués début janvier par l’ACH (Association climatique de l’Hérault), les niveaux d’eau dans les nappes sont majoritairement bas à déficitaires (58 % des points de mesures).D’après les relevés effectués début janvier par l’ACH (Association climatique de l’Hérault), les niveaux d’eau dans les nappes sont majoritairement bas à déficitaires (58 % des points de mesures). - crédit photo : Creative Commons CC0
Après un printemps et un été exceptionnellement secs, le déficit hydrique s’est aggravé en Languedoc au cours des quatre derniers mois de l’année. Si la situation perdurait, des apports d’eau avant le débourrement sont à envisager dans les zones irrigables.

Malgré les pluies récentes en Languedoc, la situation reste préoccupante quant à la recharge en eau des sols. D’après les relevés effectués début janvier par l’ACH (Association climatique de l’Hérault), les niveaux d’eau dans les nappes sont majoritairement bas à déficitaires (58 % des points de mesures). Les faibles précipitations ont tout de même permis de stabiliser les niveaux d’eau dans les nappes (44 % des points). Pourtant, le nombre de nappes ayant atteint un niveau déficitaire, par rapport au mois précédent a augmenté. « Des évènements pluvieux plus importants et surtout plus efficaces sont indispensables pour améliorer la situation durablement », indique l’observatoire « eau environnement littoral » de l’Hérault sur son site.

" Il reste donc 2 mois pour avoir 200 à 300 mm de pluie…"

De son côté, l’ICV a édité une newsletter pour alerter ses clients sur ce déficit hydrique. « En 2017, nous avons connu un printemps et un été très sec. Et la situation s’est aggravée sur les trois derniers mois de l’année qui sont habituellement des mois pluvieux. Nous avons sur certaines stations moins de 300mm sur l’année 2017 avec des déficits importants sur le biterrois (150 mm depuis le 1er avril sur la station de Pézenas) et le narbonnais. Pour avoir une recharge complète des sols, il faut idéalement avoir des cumuls de précipitations sur la période automne hiver (septembre à mars) proches de 400 mm. Pour le moment, on relève moins de 100 mm sur la plupart des stations à l’exception du Nord Montpelliérais où il est tombé 245 mm de septembre à décembre. Il reste donc 2 mois pour avoir 200 à 300 mm de pluie… », indique Guillaume Barraud, consultant viticole à l’ICV. Cette faible pluviométrie est d’autant plus préoccupante que la demande climatique, estimée par l’ETP (EvapoTranspiration Potentielle), est nettement supérieure à la moyenne. Elle est en hausse de 15 à 19% par rapport à la moyenne en septembre et décembre et de 38 à 39% en octobre et novembre.

Prévoir des apports d’eau avant le débourrement

Cette situation, qui rappelle les conditions du millésime 2014 où l’hiver avait été sec,  fait craindre un débourrement hétérogène. «Cette sécheresse des sols limite la minéralisation et par conséquence la mise en réserve de la vigne. Cela n’aura que peu de conséquence sur la fertilité des bourgeons, mais on peut s’attendre à des perturbations sur le débourrement et le taux de nouaison des inflorescences de l’année prochaine. Les conditions du débourrement ont plus d’impact sur le rendement que la sécheresse estivale », affirme Guillaume Barraud.  Si cette situation perdurait, le technicien recommande, dans les vignobles où il est possible d’irriguer, de procéder à des apports d’eau dès la fin février. L’objectif étant de recharger le sol en eau, il faut apporter de grandes quantités, mais en fractionnant ces apports pour limiter les phénomènes de drainage. « Il faudrait ouvrir l’eau pendant 24 h tous les 3 à 4 jours », préconise le technicien qui précise que l’irrigation avant débourrement est autorisée même dans les vignes AOP. Il rappelle que des apports d’eau trop proches du débourrement peuvent stimuler la montée de sève et entrainer de l’avance sur la progression des stades phénologiques. De plus, à cette période les risques de gelées ne sont pas écartés et les apports d’eau sont donc à proscrire.

 

L’enherbement pour intercepter toutes les pluies

L’enherbement est un moyen de favoriser l’interception des précipitations et donc de recharger plus rapidement les sols en eau. La présence d’un tapis végétal permet par ailleurs de limiter le ruissellement. Mais cette année, si la sécheresse perdure, il faudra détruire ce couvert végétal beaucoup plus tôt (à partir de mi-février), pour éviter toute concurrence en eau avec la vigne.  Enfin pour les vignes ni irriguées, ni enherbées, le seul levier d’intervention reste le travail du sol. « Il faut adopter une gestion des sols de type estival : travailler les sols après une pluie pour casser la croûte de battance, limiter la concurrence avec les adventices... », recommande le technicien. 

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