LE FIL

Antoine Leccia

« Le gouvernement veut maintenir le leadership des vins français en Chine »

Mardi 16 janvier 2018 par Alexandre Abellan

N’ayant pas évoqué avec le ministre Stéphane Travert (à droite) la campagne du tire-bouchon de l’INCA ou le projet de dénormalisation de la consommation de vin par le ministère de la Santé, Antoine Leccia (à gauche) souligne que ces débats n’existent pas hors de France.
N’ayant pas évoqué avec le ministre Stéphane Travert (à droite) la campagne du tire-bouchon de l’INCA ou le projet de dénormalisation de la consommation de vin par le ministère de la Santé, Antoine Leccia (à gauche) souligne que ces débats n’existent pas hors de France. - crédit photo : DR
Faisant partie de la délégation présidentielle en Chine, le président de la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux témoigne d'une écoute à la hauteur des enjeux économiques.

« Tout ne s’est pas débloqué en un voyage, mais c’est une bonne entrée en matière » salue Antoine Leccia, le président de la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux (la FEVS, regroupant 550 entreprises). Faisant partie de la délégation présidentielle lors de la visite d’Emmanuel Macron en Chine, le négociant languedocien se montre autant satisfait par l’écoute du gouvernement que de ses interlocuteurs chinois. « Les messages sont bien passés. J’ai pu présenter au ministre de l’Agriculture et au conseiller agricole du président de la République les points où il faut porter attention afin de créer de la croissance » explique Antoine Leccia.

Trois demandes, entendues

Alors que les vins géorgiens vont voir tomber leurs droits de douane en Chine (comme les vins australiens, chiliens et néo-zélandais), la FEVS a plaidé pour une levée des barrières douanières tarifaires pour gagner en compétitivité. « Sur les produits les plus bataillés de l’entrée de marché, l’écart de prix peut être de 20 % pour un même prix de départ » estime Antoine Leccia, qui demande à la France de prendre la tête des négociations européennes avec la Chine sur un accord de libre-échange. Même décalée de deux ans, la création de certifications d’importation donnant la traçabilité des produits alimentaires inquiète la FEVS. « Nous demandons que les vins et spiritueux soient exemptés » déclare Antoine Leccia.

Les exportateurs français réclament également que les lois de lutte contre la contrefaçon et de protection des Indications Géographiques soient appliquées. Un souhait de coopération qui a été entendu, le président de la République, Emmanuel Macron, ayant déclaré, ce 9 janvier, aux côtés du président chinois Xi Jinping qu’« il y a un point sur lequel nous avons eu des avancées extrêmement importantes à mes yeux, c’est l’agroalimentaire. Nous avons confirmé la volonté de faire ensemble dans le secteur des vins et spiritueux ».
 

"On sent un souffle"

« La Chine demande du temps et de la patience. Mais on sent qu’il y a un souffle, une volonté et une énergie de ce gouvernement pour nous aider » se réjouit Antoine Leccia. Apparemment convaincu par ce déplacement en Chine, le président du directoire d’Advini. estime que « le gouvernement est attentif et veut maintenir le leadership des vins français en Chine. Ce n’est qu’un début a affirmé le président, qui annonce d’autres voyages. En tant que chef d’entreprise qui cherche de la stabilité, c’est une perspective qui me plaît. »

Chiffres clés

« En 2017, la France aura expédié plus d’un milliard d’euros de vins et spiritueux en Chine continentale. 1,3 milliard € en comptant Hong Kong, soit une croissance de 20 % ! » souligne Antoine Leccia. Les expéditions y sont majoritairement tirées par les bordeaux et cognacs. Mais le marché est aussi porteur pour les IGP du Languedoc ou les AOC de Côtes-du-Rhône souligne l’ingénieur agronome.

Actuellement, la Chine est le troisième marché export des vins français, derrière les États-Unis et le Royaume-Uni. En 2017, les exportations totales de vins et spiritueux français s’élèveraient à 13 milliards € de chiffre d’affaires. Des estimations en hausse de 10 % par rapport à la performance 2016.

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Bob Le 19 janvier 2018 à 18:51:27
Monsieur Leccia a échangé avec le conseiller agricole du Président Macron et le ministre de l'agriculture. Aujourd'hui la Conseillère agriculture, pêche, forêt et développement rural est Mme Audrey BOUROLLEAU , professionnelle du Vin reconnue. De deux choses l'une soit Monsieur Luccia s'est trompé d'interlocuteur soit Madame Bourolleau n'est plus à ce poste ce qui serait dommageable compte tenu du peu d'atomes crochus de Monsieur Travers avec le monde Vitivinicole .
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