LE FIL

Abonné absent

Qui manquait à la photo de famille du premier congrès de la viticulture française ?

Mercredi 03 janvier 2018 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 08/01/2018 11:10:33

Disant avoir été initié aux vins par son voisin d’Assemblée, le député bordelais Florent Boudié, Stéphane Travert se définit comme « issu d’un pays de Calvados et de lait ».Disant avoir été initié aux vins par son voisin d’Assemblée, le député bordelais Florent Boudié, Stéphane Travert se définit comme « issu d’un pays de Calvados et de lait ». - crédit photo : Création Vitisphere
Le premier raout de toutes les chapelles viticoles françaises était snobé par le nouveau ministre de l’Agriculture, qui a depuis vu ses relations se dégrader avec la filière.

Nommé ministre de l’Agriculture en juin dernier après le passage éclair de Jacques Mézard (qui aura cependant eu le temps d’inaugurer le salon Vinexpo), Stéphane Travert aura été le grand absent du premier Congrès de la Viticulture. Se tenant le 6 juillet 2017 à Bordeaux, l’évènement réunissait aussi bien les AOC que les IGP, les coopératives que les vignerons indépendants. Bruyamment regrettée, l’absence du nouveau ministre a été, en partie, compensée par une vidéo tournée dans les jardins de la rue de Varenne. L’élu normand est resté dans les clous, annonçant son soutien au dispositif d’assurance récolte, et son souhait de la renforcer : « dans le secteur viticole, elle ne couvre que 25 % des exploitants, je considère qu’il est essentiel que cet outil soit utilisé plus largement ». Le ministre a également évoqué la création d’un dispositif de « prise en charge des aléas économiques, de types assurance du chiffre d’affaires ou outil de stabilisation des revenus ».

S’étant engagé à visiter le vignoble bordelais dans l’été pour faire oublier son absence. Stéphane Travert est venu en août dans les vignes gelées du Fronsadais. Se montrant à l’écoute des difficultés économiques du vignoble, le ministre s’est prononcé pour l’adaptation des Équipements de Protection Individuel aux conditions réelles du travail des vignobles, et a évoqué un droit à l’erreur administrative. Deux pistes qui ont depuis été abandonnées.

De la déception au bras de fer

Si les élus de la filière semblaient rassurés par la mobilisation du ministre (qui a présidé le lancement officiel du "comité mixte franco-espagnol du secteur vitivinicole" en juillet), ils ont vite déchanté quand la rentrée est arrivée. Après la campagne « du tire-bouchon » de l’Institut National du Cancer (diffusée en pleines vendanges et foire aux vins), les représentants de la filière vin ont remis le 28 septembre la pile des 10 000 signatures de la pétition « Le tire-bouchon de trop » à Stéphane Travert, demandant au ministre de l’Agriculture de les porter au Président de la République.

Alors que la visite de Stéphane Travert en clôture du Sitevi a laissé un goût amer sur la sortie du glyphosate, les représentants du vignoble ont décidé de se lancer dans un bras de fer pour obtenir une clarification présidentielle sur la place du vin en France (un projet du ministère de la Santé souhaitant rendre anormale la consommation de vin). Tant qu’aucune précision ne viendra de l’Élysée ou de la rue de Varennes, le plan de filière des États Généraux de l’Alimentation ne sera pas rendu.

Alors que le rapport de force s’installe, le souvenir de la stabilité, et de la disponibilité du prédécesseur de Stéphane Travert, Stéphane Le Fol, commence à entraîner une profonde nostalgie parmi les représentants du vignoble et du négoce (l’élu breton ayant battu le record de longévité au ministère de l’Agriculture).
 

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