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Changement climatique

L’Inra appelle les viticulteurs à s’intéresser aux «autres» cépages

Jeudi 04 janvier 2018 par Marion Sepeau Ivaldi

Parmi les solutions dont dispose la viticulture pour s'adapter au changement climatique, la diversité génétique des cépages est une piste à mieux travailler.Parmi les solutions dont dispose la viticulture pour s'adapter au changement climatique, la diversité génétique des cépages est une piste à mieux travailler. - crédit photo : CC0 Creative Commons
Dans une étude publiée dans le revue Nature Climate Change, le 2 janvier, l’Inra en collaboration avec l’Université de Havard suggère que la diversité génétique des cépages est aussi une solution pour s’adapter aux changements climatiques.

« A l’échelle mondiale, seulement 12 cépages (soit 1% des cépages cultivés) occupent jusqu’à 80 % des vignobles de certains pays". C’est l’un des chiffres clés issus de l’étude réalisée par l’Inra et l’Université de Harvard sur le potentiel des cépages cultivés dans le monde à s’adapter au changement climatique. Elle conclut que, parmi les 1100 cépages cultivés, certains d’entre eux, sont mieux armés pour faire face à des températures plus chaudes, ou au stress hydrique que les douze cépages qui dominent la planète.

Expérimenter à travers la planète

Les chercheurs appellent donc au développement d’expérimentations pour évaluer leur potentiel d’adaptation face au changement climatique dans toutes les zones viticoles. C’est d’ailleurs déjà le cas en France avec le programme VitiAdapt. Mais ces expérimentations doivent aussi être menées par les viticulteurs eux-même estiment les chercheurs qui font vœux de lancement de recherche co-constructive. « Il s’agit d’inciter les viticulteurs à partager leurs données avec les scientifiques, à travers par exemple des expériences de sciences participatives afin de construire ensemble des stratégies pour s’adapter au climat de demain et d’éviter de pâtir des effets négatifs du climat sur leurs productions » explique l’Inra qui, prenant les devants, rappelle qu’il y aura des obstacles réglementaires à franchir (notamment pour les AOC) mais à aussi convaincre les consommateurs d'accepter des vins issus de cépages moins connus. 

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Carla Le 05 février 2018 à 10:03:09
En Italie ça fait plus de dix ans qu 'on experimente de nouvelles varietés de cépage, resistantes aux traitements chimiques, et il y a aussi une grande discussion autour les cépages qui puissent supporter le stress hydrique. Il y a deux importants pepinières qui peuvent fournir les plantes aux viticulteurs et on a eu l'occasion meme de faire des dégustations de vins obtenus de nouvelles varietés, tels que Fleurtai, Soreli, Sauvignon Kretos, Sauvignon Nepis, Sauvignon Rytos, Julius, Cabernet Eidos, Cabernet Volos, Merlot Khorus, Merlot Kanthus, Bronner, Solaris etc. etc.
Vieux Le 21 janvier 2018 à 13:24:55
Faut-il que nous soyons devenus fous pour mettre en route la destruction d'un capital de notoriété construit en plus d'un siècle autour de nos AOP et de nos IGP cépages . Grace à cette douzaine de cépages . Changer les cépages pour plier devant la dictature bio ou le rechauffement est une erreur historique. Il faut au contraire tester des techniques d'adaptation : ombrer la vigne en la couvrant aussi contre la pluie, généraliser l'irrigation, établir deux cordons l'un au dessus de l'autre etc etc y compris integrer les gènes de résistances dans ces cépages par manipulation génétique. Je sais c'est un gros mot mais je ne vois où serait le danger d'un tel procédé. Cela dit , partout dans le monde et en Europe en particulier nos concurrents ne feront rien pour nous empêcher de nous tirer une balle dans le pied
Alexis S. Le 15 janvier 2018 à 18:16:17
Et en même temps, autrefois, même si une certaine forme d'anarchie régnait dans le vignoble girondin, les complantations de différents cépages sur une même parcelle étaient monnaie courante. On y trouvait souvent de nombreux cépages, dont la Syrah ou le Pinot noir... A l'échelle du Bordelais, ce sont des dizaines de cépages qui existaient pour les seuls vins rouges. Le Merlot qui est aujourd'hui le principal est le fruit de recherches. Apparu autour de 1850 seulement, il a notamment remplacé le Malbec en profitant de la crise du phylloxéra. Pourquoi ? C'est, davantage que pour ses qualités organoleptiques, surtout parce qu'il était plus résistant, plus précoce, plus facile à exploiter. Alors pas dit que Syrah ou Pinot se plaisent à Bordeaux, mais sur un millier de variétés on a le droit de chercher et d'expérimenter. Que le changement climatique soit lié à l'activité humaine ou non, c'est même une responsabilité.
craoux Le 13 janvier 2018 à 12:15:23
Pourquoi pas en effet tenter ces expérimentations ! Mais, alors, il faudrait parallèlement s'interroger sur le sens du concept d'AOP (voire d'IGP) ... je pense à cette marée de vignes du vignoble bordelais qui tourne sur 2-3 cépages au maxi ! En effet, outre qu'il y a déjà un flou évident avec le "profil" des vins actuellement confirmés à l'AOP (les CDC ne portent pas de dispositions en la matière - genre obligation de "jurys expert"), je ne comprendrais pas bien (sic) qu'en plus on puisse introduire de nouveaux cépages !
Saint germain Le 09 janvier 2018 à 14:23:53
L’inra ! Qui a toujours poussé dans le mauvais sens .
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