LE FIL

En appel

Quelle marque de cosmétique donne des boutons aux grands crus ?

Mercredi 27 décembre 2017 par Alexandre Abellan

Particulièrement bien valorisés, les pots Caudalie sont des produits haut de gamme déclinés en « crème yeux », « élixir », etcParticulièrement bien valorisés, les pots Caudalie sont des produits haut de gamme déclinés en « crème yeux », « élixir », etc - crédit photo : Création Vitisphere
Jouant sur les codes des vins français prestigieux, un fameux groupe exaspère les syndicats viticoles bordelais et bourguignons, qui souhaitent éviter la banalisation des mentions « premier cru » et « grand cru ».

Vendus comme « la crème de la crème » des soins anti-âge, les pots Premier Cru et Grand Cru de Caudalie comblent mieux les rides qu’elles ne lissent les conflits. Attaquées pour banalisation et parasitisme depuis 2013 par le Conseil des Grands Crus Classés en 1855, le Conseil des vins de Saint-Émilion et la Confédération des Appellations et des Vignerons de Bourgogne (CAVB), les marques cosmétiques Premier Cru et Grand Cru sont au centre d’un litige juridique de protection des mentions traditionnelles qui n’a pas fini de faire parler de lui.

Après avoir perdu en mai 2016 la première instance, les syndicats viticoles iront en appel le printemps 2018. Pour eux, l’utilisation de ces termes sur des cosmétiques à base de produits viticoles porte atteinte à leurs mentions traditionnelles.
 

Principe de spécificité

Pour la troisième section de la troisième chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris, ces marques de crèmes ne sont pourtant ni déceptives, ni descriptives. Le jugement du 20 mai 2016 reconnaît que seules les mentions traditionnelles premier cru et grand cru bénéficient d’une « réglementation spécifique dans le domaine viticole. Leur usage est toléré pour des produits autres que viticoles, mais toujours d'origine agricole et associés à un terroir spécifique, de qualité supérieure et sous réserve que les consommateurs ne soient pas induits en erreur ». Mais le principe de spécificité de l’usage des mentions traditionnelles est l’un des points centraux du dossier, et sera au cœur de la prochaine audience.

Déjà prompts à poursuivre inlassablement la moindre utilisation de leurs mentions phares, les syndicats viticoles semblent d’autant plus remontés qu’à l’origine de cette affaire se trouvent des membres de la filière. Propriétaire de Caudalie (et des stations thermales Sources de Caudalie, également impliquées dans le dossier), Mathilde Thomas ne souhaite pas commenter l’affaire précise la communication de son groupe.

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