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Plantation Ile-de-France

L’administration vote contre la position champenoise

Vendredi 22 décembre 2017 par Marion Sepeau Ivaldi

Avant que le ministre ne signe l'arrêté des plantations nouvelles en Champagne, il est probable que les réunions vont se succéder au ministère de l'Agriculture. Les deux parties affichent une fermeté déterminée sur le dossier.
Avant que le ministre ne signe l'arrêté des plantations nouvelles en Champagne, il est probable que les réunions vont se succéder au ministère de l'Agriculture. Les deux parties affichent une fermeté déterminée sur le dossier. - crédit photo : Creative Commons CC0
C’est un coup de semonce de l’administration. Lors du vote du Conseil spécialisé vin de FranceAgriMer du 20 décembre, l’administration a pris position en défaveur de la demande champenoise.

« Je suis choqué, je ne comprends pas la position de l'administration ! » tempête Maxime Toubart, président du Syndicat général de la Champagne. Le Conseil spécialisé de FranceAgriMer s’est penché sur les contingents d'autorisations de plantation le 20 décembre. Il a notamment examiné le projet champenois soutenu par le Comité interprofessionnel des vins de Champagne et le Conseil de Bassin de limiter à 0.10 ha les autorisations de plantation des vins sans indication géographique sur cinq départements. Son vote a été favorable à la proposition mais il a reçu quatre votes contre : celui de l’administration. Désormais, c’est au ministre de trancher entre la demande des champenois d’interdire les plantations nouvelles de vins sans indication géographique dans l’aire de champagne, dans la future aire de champagne et dans un cordon large de trois communes autour de l’aire délimitée de champagne ou au contraire, d’autoriser les plantations comme le réclame le Syndicat des vignerons d’Ile de France.

Pour le Syndicat des vignerons d’Ile-de-France, ce vote n’est pas satisfaisant même s’il relève que le ministère montre sa volonté d’écouter les arguments du syndicat. « Le ministère dit qu’on ne peut pas ne pas nous écouter » analyse Patrice Bersac, président du syndicat.

La crainte du détournement de notoriété

Le Syndicat général de la Champagne sera reçu par le ministère en janvier pour échanger sur la problématique. Sera-t-il prêt à négocier et évoluer sur sa position ? Ce n’est pas si sûr car le Syndicat a déjà l’impression d’avoir fait un pas par rapport à l’an dernier, année où le bassin avait pris une position très défensive. Par ailleurs, il indique que les plantations nouvelles demandées ne sont pas motivées par une justification économique, comme le droit européen le prévoit.

Si la position du Syndicat général de la Champagne est si méfiante, c’est non seulement que les contours de l'appellation sont suspendus à la nouvelle aire mais aussi qu’il redoute un détournement de notoriété. « Il y a déjà des vignerons dont les terres sont situées autour de la zone Champagne qui utilisent l’image de notre appellation pour vendre des vins mousseux » confie un observateur proche du dossier. Des procédures judiciaires vont d’ailleurs être prochainement lancées pour mettre un terme à ces pratiques. Pour le Syndicat des vignerons d’Ile-de-France, la crainte des champenois est infondée. Et Patrice Bersac de répéter : « ce sont des inquiétudes aberrantes, complétement irrationnelles. ».

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