LE FIL

Détonation parfaite

Comment déboucher votre bouteille de vin effervescent et les oreilles de vos convives

Samedi 16 décembre 2017 par Alexandre Abellan

« Et quand je décoiffe un flacon, le liège qui pète, me fait entendre un plus beau son, que tambour et trompette » écrivait le dramaturge Panard en 1763 (cité par l’Encyclopédie des Maisons de Champagne).
« Et quand je décoiffe un flacon, le liège qui pète, me fait entendre un plus beau son, que tambour et trompette » écrivait le dramaturge Panard en 1763 (cité par l’Encyclopédie des Maisons de Champagne). - crédit photo : D'après Jacques Honvault
Musique festive s’il en est, l’explosion marquant l’ouverture d’une bouteille de champagne ou crémant peut être optimisée par la température de service et la pression de la main sur le bouchon, selon une étude moins scientifique que potache.

Ayant l’idée de dévoiler « les mathématiques derrière le débouchage d’une bouteille de bulles », le docteur Eugenia Cheng de l’École d’Art de Chicago propose une formule physique pour calculer la meilleure façon de déboucher un vin effervescent. D’après ses mesures sur 16 bouteilles de Champagne, il apparaît que le « pop » peut avoir lieu pour un niveau sonore compris entre 8 000 et 12 000 Hertz, et que ce son augmente avec la pression et diminue avec le temps de refroidissement.

La mathématicienne, également pianiste, estime ainsi que le tintement d’un bouchon de champagne est égal à 7 + T/40 − P/3. T étant le temps de refroidissement dans le seau à glace divisé par 40 et P la pression exercée par la main sur le bouchon. Assume son approche décontractée*, l’étude note que des aspects de sa formulation peuvent faire tiquer des chercheurs sérieux, pour ne pas dire « sans humour ».

40 minutes de seau à glace et pas de pression dans la main

En pratique, « pour obtenir le « pop » parfait, la bouteille doit être rafraîchie dans un seau à glace pendant environ 40 minutes – et non au réfrigérateur ! – et une pression minimale doit être exercée par la main à l’ouverture » résument Les professionnels du liège, qui ont repéré l’étude dans les tabloïds anglais (notamment The Sun).

Pour les inconditionnels du sabre, le docteur Eugenia Cheng déconseille cette technique brutale. Ayant été elle-même blessée lors d’un sabrage : « la partie coupée de la bouteille a rebondi sur le sol et a entaillé ma jambe… La coupure était une magnifique parabole, montrant la trajectoire d’un objet se mouvant selon la force gravitationnelle. Ce qui sera l’objet d’une prochaine étude » conclut-elle.

* : Disponible ici, l’étude précise avoir été placée « sous l’esprit de l’amusement ».
 

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