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Les industriels veulent renouer le dialogue avec les citoyens

Jeudi 07 décembre 2017 par Christelle Stef
Article mis à jour le 12/12/2017 14:42:30

Nicolas Kerfant, le président de l'UIPP et Eugénia Pommaret, la directrice de l'UIPPNicolas Kerfant, le président de l'UIPP et Eugénia Pommaret, la directrice de l'UIPP - crédit photo : Christelle Stef
L’UIPP s’inquiète du contexte médiatique et politique. Selon l’association des industriels de la phytopharmacie, aujourd’hui il n’est pas possible de se passer des produits de protection des plantes.

 « Les produits phytosanitaires sont utiles. Sans protection des cultures, 30 à 40 % des récoltes seraient perdues », a martelé l’UIPP lors de sa conférence de presse annuelle le 6 décembre à Paris. L’association qui représente les firmes phytosanitaires au niveau national a rappelé aux journalistes présents que l’année 2016 a été particulièrement dévastatrice. «  En vigne, la pression du mildiou a été très forte. La maladie a frappé toutes les régions viticoles. Des viticulteurs bio ont demandé des dérogations car ils n’arrivaient plus à contrôler le parasite avec juste le cuivre », a rapporté Eugénia Pommaret, la directrice générale de l’UIPP. Certes 2016 reste une année exceptionnelle. Mais selon les experts, de telles années pourraient à l’avenir être plus fréquentes. Dans ce contexte, l’UIPP estime que les firmes doivent continuer à investir dans la recherche de nouvelles solutions pour chaque type d’agriculture qu’elle soit bio ou conventionnelle. « Plus de 10 % du chiffre d’affaire mondial est investi en R&D. Plus de 40 % des produits AB et plus de 50 % des produits de biocontrôle sont fournis par les adhérents de l’UIPP », a insisté Eugénia Pommaret.

Risque de désinvestissement du marché marché

Mais l’UIPP n’a pas caché pas son inquiétude face au contexte médiatique et politique. Et sur ce point Nicolas Kerfant, le président de l’UIPP n’a pas mâché ses mots. « On nous dit qu’il faut se passer des pesticides mais les parasites ne vont pas s’arrêter aux portes de de la France (…) Aujourd’hui il n’est pas possible de se passer des pesticides ! », a-t-il expliqué. Selon lui si le gouvernement campe sur ses positions, les sociétés phytosanitaires vont arrêter d’investir sur le marché français. « Qu’est-ce que l’on veut aujourd’hui en France ? Une mono-agriculture ? Plus d’agriculture du tout ou conserver la spécificité française qui est d’avoir une diversité de production. Dans ce dernier cas, il faut protéger les cultures », a-t-il insisté.

Ateliers citoyens

L’UIPP veut renouer le dialogue avec la société civile. Cette année, elle a donc organisé sept ateliers citoyens dans sept régions et rencontré plus de 150 personnes dans les villes et les campagnes. L’objectif : répondre à leurs interrogations, leur donner des repères sur les productions agricoles et sur le contexte de l’utilisation des produits phytosanitaires. Résultat de ces ateliers : « Il existe des inquiétudes mais aussi des points de consensus», a indiqué Eugénia Pommaret. Pour l’UIPP ces entretiens ont permis de mettre en avant trois axes de travail : engager une dynamique de transparence vis-à-vis des produits phytosanitaires, donner encore plus les moyens aux agriculteurs d’améliorer leurs pratiques, favoriser le dialogue avec les citoyens.

100 ans de protection des plantes

A l’occasion de son centenaire, l’UIPP va  aussi organiser en 2018 plusieurs temps forts au cours desquels elle va échanger avec le grand public sur l’utilité de la protection des plantes, l’évolution des pratiques sous la bannière « Le Siècle vert ». Au programme : un stand dédié au salon de l’agriculture, une maison éphémère de la santé des plantes au cœur de Paris (du 14 au 27 mai), des rendez-vous en région, la publication d’un livre qui retracera tous les engagements de la filière pour le siècle à venir.

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