LE FIL

Désherbage du vignoble

L'INRA promet une sortie difficile et coûteuse du glyphosate

Jeudi 07 décembre 2017 par Christelle Stef

L'Inra a remis son rapport le 30 novembreL'Inra a remis son rapport le 30 novembre - crédit photo : CS
Le 30 novembre, l’Inra a remis son rapport sur le glyphosate au gouvernement. Celui-ci dresse un état des lieux de l’utilisation de la matière active, des alternatives possibles et des mesures d’accompagnement qui faciliteraient la transition vers des itinéraires sans glyphosate.

La viticulture peut-elle se passer du glyphosate d’ici trois ans ? Ce n’est pas en lisant le rapport de l’Inra que vous aurez la réponse à cette question... Celui-ci dresse en effet uniquement un état des lieux de l’utilisation de la matière active selon les cultures, ainsi que des alternatives possibles, avec leurs incidences économiques et organisationnelles. « La question de l’échéance ne faisait pas partie de la saisine que le gouvernement nous a transmise. En plus au moment où ce rapport nous a été commandé (le 2 novembre, ndlr) nous ne savions pas quelle décision allait prendre l’Europe, ni quelle serait la position de la France », justifie Christian Huyghe, le directeur scientifique agriculture de l’Inra. De plus comme il le souligne la viticulture est très diverse. Selon que l’on soit dans un vignoble de plaine ou de coteau, dans une région méridionale ou septentrionale, que l’on valorise très bien les vins ou pas, les capacités d’adaptation ne seront pas les mêmes.

Impasse technique dans les vignes à forte pente

Pour ce qui est des alternatives, aucune surprise dans le rapport. « Dès le départ on a écarté l’idée d’explorer les molécules qui pourraient faire le même job que le glyphosate. Pour nous, ce n’est pas une option. Si on met en avant une autre molécule, le risque est que les professionnels se reportent sur elle. Et pour être clair, il n’y a pas d’équivalent au glyphosate » insiste Christian Huyghe. L’Inra a toutefois fait ce travail pour les adventices vivaces qui ne seraient pas contrôlées par les techniques alternatives durant la phase de transition.

En viticulture les alternatives au glyphosate sont connues. Sous le rang de vigne : il s’agit principalement du désherbage mécanique. L’Inra met toutefois en exergue une impasse technique pour les vignes situées dans des coteaux à forte pente, ou dans des sols très caillouteux. « Nous n’avons pas chiffré ces surfaces, mais elles ne sont pas gigantesques » tempère Christian Huygue.

"Sans glyphosate"

Une chose est sûre pour le directeur scientifique de l’Inra : la transition sera difficile et engendrera un surcoût économique « que nous n’avons pas chiffré ». Il nécessitera de repenser les systèmes de production mais aussi la communication auprès des consommateurs. « Pourquoi ne pas mettre « sans glyphosate » sur les étiquettes pendant la période de transition » suggère-t-il.

Feuille de route fin décembre

L’Inra a remis son rapport le jeudi 30 novembre au soir aux ministres de l’agriculture, de la transition écologique, des solidarités et de la santé, de l’enseignement  supérieur et de la recherche. Il servira à établir la feuille de route du gouvernement pour une agriculture moins dépendante des pesticides dont le glyphosate. Cette feuille de route devrait être présentée lors du discours du premier ministre le 21 décembre, au moment de la clôture des Etats Généraux de l’Alimentation.

À suivre...

LAISSER UN COMMENTAIRE

Recopier le code :
Processing
LIRE LES COMMENTAIRES
Yann Fichet Le 10 décembre 2017 à 13:29:40
Que de temps et d'énergie gaspillés par l'INRA et d'autres pour satisfaire l'exigence des urbains écolos-bobos (et des politiques élus par eux) qui savent, bien sûr, mieux cultiver et produire que les agriculteurs et viticulteurs eux-mêmes. Il faut bien se rendre compte qu'on cherche ici à remplacer un produit utile et sûr, autorisé par toutes les agences réglementaires du monde depuis 40 ans. Uniquement pour enrichir le tableau de chasse de Nicolas Hulot! L'agriculture et la viticulture ont autre chose à faire que réinventer la poudre. D'autres sujets d'amélioration sont prioritaires. D'ailleurs, le rapport de INRA montre bien que les pistes identifiées sont peu enthousiasmantes, c'est le moins qu'on puisse dire. Quand à l'étiquetage, c'est une solution lourde et calamiteuse car elle confirmerait un lien entre une produit et la santé, ce qui est faux. Par ailleurs, l'alcool lui-même est plus toxique que n'importe quelles traces de produits phytos, inexistantes ou non détectables dans beaucoup de cas! PS: Rassurez vous je suis très amateur de vin.
CognacXO Le 09 décembre 2017 à 07:38:45
Mon cher Craoux, Pas de souci pour marquer sur les bouteilles: "désherbé avec du glyphosate". ..mais là où il faut bien interpréter l'erreur du directeur technique, c'est que le glyphosate ne se met pas dans le vin directement...donc marquer sur la bouteille "sans glyphosate" reviendrait à dire que tous les autres vins en contiennent directement (du genre: j'ai versé du glyphosate dans la bouteille...) J'en déduis que je joue peut-être sur les mots, mais le consommateur à vite fait de faire l'amalgame D'ailleurs, au même titre qu'un Bio devrait marquer sur ces bouteilles : "desherbé au Fuel (ou au gaz) "..car oui, ça existe...je l'ai vu de mes yeux vu...Des Bios qui traitent le dessous des rangs de vignes avec des brûleurs de Chauffage...Hmmm!...un petit gout "minéral" qu'ils disent.... A voir comment le Consommateur réagirait face à ces deux situations.. Je serais curieux....
Baraud Le 08 décembre 2017 à 18:47:35
À craoux et au directeur de l'INRA vous devriez proposer de marquer sur toutes les bières ,les wiskys,les céréales et tout les produits importés de marquer sur leurs étiquettes les doses utilisés en produits interdits en france et pendant que vous y êtes marquer aussi les émissions de CO2 pour les producteurs bios et tout ce qui vient de l'autre bout de la planète ! Ras le bol de tout ces lobbyistes payés par l'état qui n'appliquent que des directives sur nos productions enchérissant ainsi nos coûts de productions et de main d'œuvre
craoux Le 07 décembre 2017 à 13:47:28
Je suggérais (commentaire le 30/11) d'utiliser l'étiquetage pour informer le consommateur sur le recours ou pas au glyphosate ... je note (n'est-ce pas "CognacXO" !) que le Directeur scientifique de l'INRA n'écarte pas une telle piste. Alors chiche ! On pourrait voir si le CONsommateur s'intéresse un peu à sa santé et s'il est prêt à tout accepter.
© Vitisphere 2018 - Tout droit réservé