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Les vignerons de Rivesaltes exigent une juste rémunération à la grande distribution

Vendredi 08 décembre 2017 par Alexandre Abellan

 « La pérennité des vignobles de Rivesaltes et Muscat de Rivesaltes, les deux Vins Doux Naturels les plus emblématiques de la viticulture française, est menacée » annoncent les deux AOC.
« La pérennité des vignobles de Rivesaltes et Muscat de Rivesaltes, les deux Vins Doux Naturels les plus emblématiques de la viticulture française, est menacée » annoncent les deux AOC. - crédit photo : Conseil Interprofessionnel des Vins du Roussillon
Soulignant l’importance environnementale des vignobles en fortes pentes, les deux AOC du Roussillon tirent la sonnette d’alarme, estimant leur pérennité économique en danger.

« Aujourd’hui, le chiffre d’affaires à l’hectare est largement inférieur aux coûts de production » s’indignent dans une lettre ouverte les syndicats de Défense des appellations Rivesaltes, Grand Roussillon et Muscat de Rivesaltes. À l’occasion de la conclusion des États Généraux de l’Alimentation, les présidents des syndicats viticoles du Muscat de Rivesaltes et de Rivesaltes, Antoine Cusco et Roger Torreilles, exigent une revalorisation des cours pour « dégager les revenus suffisants au maintien de l’activité ».

Pour les deux Organismes de Défense et de Gestion, il s’agit d’une question de vie ou de mort du premier vignoble de Vins Doux Naturels de France (concentrant les trois-quarts de la production nationale). « S’ils ne peuvent obtenir une juste rémunération de leur production, bon nombre de vignerons devront arrêter leur activité. Aux metteurs en marché et à la grande distribution de prendre leurs responsabilités » alertent les ODG.

"Le modèle économique actuel de cette viticulture de terroir n’est plus viable"

Cette lettre de revendications vise en effet les Grandes et Moyennes Surfaces, qui réalisent actuellement leurs négociations pour l’année 2018 et ne rémunéreraient pas à leur juste valeur les VDN. « Malgré des rendements à la baisse et des coûts d’exploitation en hausse constante, aucune augmentation n’a pu être obtenue par les producteurs. Situés en bout de chaîne, ils sont victimes de la guerre des prix à laquelle se livrent les enseignes de la Grande Distribution qui commercialise 80 % des volumes » souligne le communiqué.

Estimant avoir déjà fait leur part en réduisant leurs surfaces, en maîtrisant leurs stocks et lançant de nouveaux produits (muscats rosés et de noël), les ODG estiment que « le temps du juste et équitable du partage de la valeur ajoutée est venu ». Sinon, l'avertissement aura valeur de testament : « ce sont de très nombreux vignerons et toute une partie du patrimoine historique et culturel liée à la viticulture roussillonnaise qui disparaîtrait ».

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