LE FIL

Cave connectée

Le pari audacieux des Vignobles de la Voie d’Héraclès

Vendredi 01 décembre 2017 par Michèle Trévoux

Gérard Bertrand, Carole Delga, présidente de Région et Denis Carretier, président de la Chambre régionale d’agriculture, lors de la cérémonie de la pose de la première cuve à Codognan.
Gérard Bertrand, Carole Delga, présidente de Région et Denis Carretier, président de la Chambre régionale d’agriculture, lors de la cérémonie de la pose de la première cuve à Codognan. - crédit photo : Michèle Trévoux
Les Vignobles de la Voie d’Héraclès ont posé ce jeudi 30 novembre la première cuve de leur ambitieux projet de cave 4.0, avec plateforme d’innovation et living lab dédiés au vin. Un investissement de 15,5 M€ dont 1M€ reste à financer.

Les Vignobles de la Voie d’Héraclès n’ont pas froid aux yeux. Cette coopérative gardoise, premier producteur français de vins bio, investit 15,5 M€ dans la construction d’une nouvelle cave d’une conception totalement inédite qui conjugue innovation technologique, environnementale et sociale. « Porter un projet de 15,5 M€, c’est très courageux, cela engage l’ensemble de vos adhérents. Vous avez une vision formidable de l’avenir, ce projet doit servir de modèle et d’exemple », a d’ailleurs souligné Gérard Bertrand, lors de la cérémonie de l’installation de la première cuve, organisée le 30 novembre à Codognan. Carole Delga, présidente de la région Occitanie, qui s’est également déplacée pour cet événement, a elle aussi souligné l’audace d’un tel projet et sa parfaite adéquation avec les priorités de la Région : défendre l’image de la viticulture et développer la production du vin bio.

120 000 hl de cuverie

Implantée sur un terrain de 3,5 ha, la nouvelle cave sera dans un premier temps équipée de 120 000 hl de cuverie afin de pouvoir traiter 75 000 hl, ce qui correspond à sa production actuelle. Mais des extensions ont d’ores et déjà été prévues pour porter le volume vinifié à 120 000 hl. En forme de demi-ellipse, la cave a été conçue pour une ergonomie du travail simplifiée avec moins de déplacements et de manutentions et donc moins de risque. Elle sera équipée d’une fosse de réception semi-enterrée avec quai basculant pour éviter le risque CO2. Le projet est également innovant par son éco-conception : la cave étant entièrement couverte, la surface de toiture pourra être exploitée avec des panneaux photovoltaïques. Le bâtiment est réfrigéré par freecooling, grâce à des volets d’aération sur le bâtiment. Les eaux pluviales pourront être récupérées pour l’irrigation.

Orientation digitale

Enfin ce sera la première cave connectée de France, avec un système de GTC (gestion technique centralisée) qui assure une connexion entre tous les systèmes informatiques des équipements de la cave. Cette gestion centralisée de toutes les données permettra de suivre au plus près la traçabilité et toutes les étapes de la vinification. Chaque opérateur pourra disposer d’une tablette avec des informations personnalisées pour son poste. La cave entend également développer une plateforme d’innovation dédiée au vin et développer le 1er Vino Living Lab : centre d’expérimentation, ouvert aux centres de recherche et entreprises…

Pour financer ce projet, la coopérative a emprunté 7M€ et autofinancé 3 M€ (dont 2M€ proviennent de la valorisation des anciens sites). France Agrimer, l’Agence bio et les collectivités locales ont accordé des subventions à hauteur de 5,5M€. « Il nous manque encore 1M€ pour boucler le financement du projet », a précisé Jean-Fred Coste, président de la cave, lançant clairement un appel à contribution. Appel qui a été entendu, notamment par Gérard Bertrand, qui s’est dit prêt à renforcer son partenariat avec la cave pour que le projet se finalise.

Last but not least, reste le défi de terminer le chantier en juin prochain, pour que la cave puisse entrer en fonction pour les prochaines vendanges, l’ancienne cave ayant d’ores et déjà été démontée. « Nous n’avons pas le choix, il faudra y arriver. Mais je suis confiant, les entreprises ont pris des engagements. Ils seront respectés », affirme Jean-Fred Coste. Le compte à rebours est d’ores et déjà lancé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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craoux Le 01 décembre 2017 à 11:59:30
Je viens de lire un article sur ce projet (supplément joint à un numéro récent de La Marseillaise > Mag Soleil Méditerranée Terroir 2017). J'y ai relevé que la Société Perrier (implantée à Vergèze - 30), inquiète d'une possible pollution agricole de sa source, a promu dès le milieu des années 90 la conversion vers le Bio sur ce territoire et a, notamment, acquis du foncier agricole pour le louer en fermage à ses conditions (Bio) - la société est le 1er propriétaire foncier de la cave VVH. Indirectement - quoique .. - ce beau projet VVH offre définitivement toutes les garanties à Perrier de pouvoir continuer d'exploiter "sa" source sans soucis. Question hors sujet : je n'ai toujours pas compris comment les entreprises du secteur privé ont pu acquérir le droit d'exploiter à "leur" profit un bien commun ... l'eau en l'occurrence ?
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