LE FIL

Beaucoup de revendications

Le ministre attendu de pied ferme au Sitevi

Mercredi 29 novembre 2017 par Bertrand Collard

Jérôme Despey se prépare à recevoir le ministre de l'Agriculture au Sitevi le 30 novembre avec une longue liste de demandes.
Jérôme Despey se prépare à recevoir le ministre de l'Agriculture au Sitevi le 30 novembre avec une longue liste de demandes. - crédit photo : B. Collard
Stéphane Travert doit visiter le Sitevi le 30 novembre. Les responsables professionnels lui présenteront une longue liste de revendications pour aider les exploitations à mieux faire face aux aléas climatiques. Et lui rappelleront que l’Etat est un mauvais payeur.

Stéphane Travert est sans doute déjà prévenu : une longue liste de revendications lui sera remise demain lors de sa visite au Sitevi, à Montpellier. Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgriMer, l’a détaillée lors d’une conférence de presse, le 29 novembre.

"Trois aides face à la petite récolte"

Premier sujet : la situation dramatique des exploitations touchées par la petite récolte de cette année. Jérôme Despey a commencé par dire sa satisfaction d’avoir vu aboutir les demandes d’exonération de la taxe sur le foncier non bâti. Mais il en reste d’autres :
- la prise en charge des cotisations sociales pour laquelle la profession réclame le « fléchage » d’un budget pour la viticulture.
- le report des annuités d’emprunt et son financement par l’Etat
- le cautionnement par la BPI des exploitations en difficulté.

Mais il s’agit aussi de prévenir les difficultés. Jérôme Despey appelle cela « améliorer la résilience des exploitations », pour reprendre un vocabulaire utilisé dans le cadre des Etats généraux de l'alimentation. Dans ce but, il demande la mise en place d’une épargne défiscalisée et la défiscalisation du VCI. Il veut aussi l’abandon de la moyenne olympique comme référence pour le déclenchement de l’assurance récolte au profit des rendements autorisés dans les AOC et IGP. Des demandes récurrentes qui n’ont toujours pas abouti.

"Des retards inadmissibles"

Autre sujet : les aides. Le paiement des aides MAE et MAEC tarde beaucoup trop. « Les aides MAE pour 2015 commencent à être soldées depuis le 19 novembre. Pour les aides 2016, on parle de mars 2018. C’est inadmissible », s’emporte Jérôme Despey.

Dans la même veine, les amendes pour sous réalisation des plans de restructuration ne passent toujours pas. « Les pénalités sont trop importantes par rapport aux erreurs commises par les viticulteurs. Pour nous, il n’est pas pensable que les viticulteurs ne bénéficient pas du droit à l’erreur, tant qu’ils sont de bonne foi », plaide le responsable professionnel.

Ajoutez à cela un sujet plus technique : l’irrigation. Les viticulteurs du Midi réclament une simplification des règles régissant la construction de retenues collinaires.

"Tenir compte des coûts de production"

Ajoutez encore une présentation par les responsables de l’IGP Pays d’Oc, des caves coopératives et des Vignerons indépendants des réflexions sur la création d’un contrat interprofessionnel d’achat tentant compte des coûts de production des vins.

Et la question brûlante du glyphosate.

Voilà de quoi remplir de bout en bout une réunion de travail prévue pour durer seulement une heure. Tous les intervenants devront être clairs et succincts, et le ministre attentif, pour que toutes les revendications soient bien examinées.

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